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Des soldats de l’armée israélienne parlent d’une guerre sans retenue à Gaza

mercredi 15 juillet 2009, par La Rédaction

Accusé par Amnesty International, Human Rights Watch et l’Onu d’avoir causé des pertes civiles et des destructions injustifiables en décembre et janvier dans la bande de Gaza, l’Etat d’Israël a toujours rejeté ces mises en cause.
Plusieurs soldats de l’armée israélienne ayant participé à cette opération affirment à présent que leurs chefs militaires les ont incités à tirer d’abord et à se préoccuper ensuite de distinguer les combattants des civils.
En conséquence, témoignent-ils, leurs forces se sont ruées dans le territoire enclavé sans retenir leurs tirs.
Selon ces trente soldats, dont les témoignages anonymes ont été recueillis par l’ONG "Breaking the Silence", la priorité de l’armée était de minimiser ses pertes afin de s’assurer du soutien populaire israélien à l’opération.
"Mieux vaut atteindre un innocent qu’hésiter à viser un ennemi" : c’est en ces termes qu’un soldat résume la façon dont il a compris les instructions répétées durant les briefings préliminaires et durant l’intervention, qui a duré 22 jours, du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009.
"Dans le doute, tuez. La puissance de feu était insensée. On arrivait et les explosions étaient hallucinantes. Dès l’instant où on arrivait à nos positions, on commençait à tirer sur tout ce qui était suspect", raconte un autre.
L’objectif annoncé de l’opération "Plomb Durci" était de mettre fin aux tirs de roquettes des activistes islamistes du Hamas vers le sud d’Israël.
Selon une ONG palestinienne, le bilan des combats côté palestinien s’établit à 1.417 tués, dont 926 civils. L’armée israélienne parle de 1.166 morts dont 295 civils. Côté israélien, dix soldats et trois civils ont péri.
Des rues entières de Gaza ont été rasées pour réduire le risque des tireurs embusqués et des pièges explosifs. Selon les Nations unies, les quelque 600.000 tonnes de gravats commencent à peine à être déblayées, six mois après la fin de l’opération.
L’armée israélienne, qui repose essentiellement sur la conscription, interdit formellement à ses soldats de parler aux médias. Le rapport de 112 pages de "Breaking the Silence" contient le témoignage de trente soldats "ayant servi dans tous les services impliqués dans l’intervention".
"La majorité (...) sont encore en service dans leurs unités et, profondément alarmés par la dégradation morale des Forces de défense israéliennes (FDI), se sont tournés vers nous. (Leurs témoignages) suffisent à mettre en doute la crédibilité de la version officielle de l’armée", peut-on lire dans ce document.
Dans un communiqué, l’armée israélienne rejette ces critiques, qu’elle estime "basées sur des on-dit", mais s’engage à enquêter en cas de plainte formelle pour exactions, tout en assurant que ses soldats ont respecté le droit international durant "des combats complexes et difficiles".
A l’exception d’un sergent prénommé Amir, l’ensemble des soldats parlent sous anonymat, et leurs visages sont floutés dans les témoignages filmés. La transcription des propos est disponible sur le site breakingthesilence
L’ONG indique disposer de financements de la part d’associations israéliennes de défense des droits de l’homme ainsi que des gouvernements britannique, néerlandais et espagnol et de l’Union européenne.
Plusieurs soldats décrivent une procédure de fouille de maisons où des civils étaient forcés à entrer dans des bâtiments suspects devant les soldats. Ils citent plusieurs cas dans lesquels des civils devaient s’avancer tandis qu’un militaire, derrière lui, reposait son fusil sur son épaule.
Le rapport évoque également l’emploi sans discernement de munitions incendiaires au phosphore blanc dans les rues de Gaza -ce que Tsahal dément-, des "destructions massives ne répondant à aucune menace directe" et des règles d’engagement "permissives".
"On ne nous disait pas de tirer sur tout ce qui bouge. Mais la consigne générale était : si vous vous sentez menacés, tirez. Ils n’arrêtaient pas de nous dire que c’était la guerre et qu’à la guerre, on fait feu à volonté", se souvient un soldat.
Pour priver les combattants du Hamas d’abris, des secteurs entiers, comprenant parfois des jardins et des vergers, ont été rasés par bombardements, tirs d’artillerie, explosifs et bulldozers.
"Nous n’avons pas vu une seule maison intacte (...). Les infrastructures, les chemins, les champs, les routes, tout était en ruines. Les (bulldozers) D-9 avaient tout écrasé", raconte un militaire.
Dans le préambule du rapport, "Breaking the Silence" affirme que l’armée israélienne s’efforce de prouver que si des exactions ont été commises à Gaza, elles étaient le fait de "soldats isolés".
Mais ce témoignage suggère que "le coup violent et sans précédent porté aux infrastructures et aux civils de la bande de Gaza est le résultat direct de la politique des FDI".

Irak : au moins sept morts dans un attentat-suicide dans la province instable d’Anbar
Au moins sept personness ont été tuées mercredi dans un attentat-suicide à la voiture piégée qui visait les forces irakiennes de sécurité dans la province d’Anbar, l’un des bastions de l’insurrection sunnite.
Selon deux responsables de la police, le kamikaze a précipité son minibus sur un barrage conjoint de la police et de l’armée irakiennes vers 8h00 du matin. Six policiers figurent parmi les morts et 17 autres personnes ont également été blessées.

Réunion à Charm-el-Cheikh du Mouvement des Non-alignés
Les représentants des pays Non-alignés se réunissent à partir de mercredi dans la station balnéaire égyptienne de Charm-el-Cheikh pour un 15e sommet qui sera essentiellement dominé par la crise économique mondiale.
En tant que représentant du pays hôte du sommet précédent, le président cubain Raul Castro devrait prendre la parole à l’ouverture de ce sommet qui réunit les 118 membres du Mouvement des pays Non-alignés.
En marge de ce sommet, les Premiers ministres du Pakistan et de l’Inde devraient également avoir un entretien, le premier depuis les attentats meurtriers de Mumbai (ex-Bombay) en novembre dernier que New Delhi impute à des activistes entraînés au Pakistan.
Créé en pleine Guerre froide il y a plus de cinq décennies, le Mouvement des pays Non-alignés rassemble des pays qui ne se considèrent alignés sur aucun des blocs majeurs mondiaux.
Lors du précédent sommet à La Havane en 2006, les Non-alignés avaient approuvé une déclaration finale dans laquelle ils condamnaient l’offensive israélienne au Liban, soutenaient une issue pacifique au contentieux sur le nucléaire iranien et défendaient le droit des nations, et notamment le Venezuela, à décider de leur système de gouvernement.

Une bombe fait 5 morts et 28 blessés à Bagdad
Une bombe a fait cinq morts et 28 blessés mercredi dans le quartier chiite de Sadr City, à Bagdad, annonce la police.
Elle a précisé que la bombe avait explosé près d’une tente dressée pour des funérailles dans ce quartier pauvre du nord-est de Bagdad, peuplé majoritairement de partisans de l’imam chiite radical Moktada Sadr.
Les violences ont fortement baissé en Irak par rapport à l’apogée des violences intercommunautaires qui ont suivi l’invasion du pays par les forces américaines, en 2003, mais des insurgés continuent de perpétrer des attentats.
Jeudi dernier, deux bombes avaient fait sept morts et 20 blessés sur un marché de Sadr City.
L’attentat de mercredi est intervenu deux semaines après le retrait des forces américaines des villes et des centres urbains irakiens.

( Mercredi, 15 juillet 2009 - Avec les agences de presse )

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Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
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