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Égypte : Mohamed Morsi, ou la revanche des Frères

mercredi 25 janvier 2012, par La Rédaction

Le jour où Mohamed Morsi, jeune étudiant en génie civil, a décidé d’adhérer au mouvement des Frères musulmans, il était loin d’imaginer qu’il deviendrait en 2011 le président du plus puissant parti politique d’Égypte. Cette perspective était d’autant plus lointaine que la confrérie était à l’époque un "mouvement interdit, mais toléré". Ce qui la mettait à la merci du régime et de sa police politique.
Pieux musulman, le futur homme politique est attiré par la doctrine de la confrérie autant que par ses activités sociales. Sa vie professionnelle ne l’empêche pas de militer au sein des Ikhwane (Frères), où il occupe divers postes, dont celui de responsable des affaires avec le Soudan, puis de directeur de la section des Affaires étrangères, avant de devenir membre du Conseil de guidance, la plus haute autorité du mouvement.
En 2005, les Frères musulmans font une entrée spectaculaire à l’Assemblée du peuple (parlement égyptien), où ils occupent 20 % des sièges. Un résultat qu’ils n’attendaient pas. Leurs membres avaient fait campagne sous l’étiquette de "candidats indépendants". Une fois élus, ils retrouvent leur identité, qui n’était d’ailleurs un secret pour personne, et deviennent la principale force d’opposition parlementaire.
Aux législatives de novembre 2010, Mohamed Morsi, qui dirige la campagne électorale, espère dépasser le score de 20 %. Mais l’État égyptien ne l’entend pas de cette oreille, d’autant que le futur parlement doit soutenir la candidature de Gamal Moubarak, le fils du raïs, à la présidence de la République en septembre 2011. Bien avant le vote, les arrestations de Frères prennent l’allure d’une chasse aux sorcières. "Depuis l’annonce de notre participation aux législatives, plus de 1 200 Frères ont été arrêtés ou interpellés. Cinq cents sont encore détenus", tonne Mohamed Morsi. Dès cette époque, son nom commence à être familier aux journalistes. Il le sera bien davantage lors des résultats du premier tour de scrutin. Un seul Frère a été élu, et 22 sont en ballottage. Ce sont peut-être les législatives les plus truquées de l’histoire d’Égypte.
La confrérie décide de boycotter le second tour. Ils n’en auront pas besoin.
Le 25 janvier 2011 commence la révolution. Place Tahrir, 15 000 personnes environ ont répondu à l’appel du Mouvement du 6 avril. Ce groupe de jeunes activistes, qui milite contre le régime sur Facebook, décide de réunir un million de personnes le 28 janvier pour réclamer le départ de Hosni Moubarak. Les Frères musulmans prennent le train en marche. Ils viennent par centaines de milliers sur la place Tahrir. Et ne la quitteront plus.
Le 6 février, le général Omar Souleimane, nommé vice-président de la République, invite les principaux partis politiques pour trouver une "solution pacifique". Les Frères musulmans sont de la partie. Dès lors, la confrérie n’est plus un mouvement interdit, mais un "parti politique puissant". Mohamed Morsi est l’un des interlocuteurs de Souleimane. Dix jours après la démission de Moubarak, la confrérie annonce son intention de fonder un parti politique.
Ce sera le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), un nom débarrassé de toute connotation confessionnelle. À sa tête, Mohamed Morsi. Sa première déclaration se veut apaisante : "Le PLJ sera un parti civil aux fondements musulmans. Les partis théocratiques appartiennent au Moyen Âge et sont désormais interdits." Son objectif : rassurer les coptes, ces chrétiens d’Égypte qui ont parfois le sentiment d’être victimes de discrimination. Du reste, par la suite, il souligne souvent que l’adhésion au PLJ est ouverte à tous les Égyptiens, qu’il compte déjà une centaine de coptes, que son deuxième vice-président, Rafic Habib, est copte...
Aux législatives de novembre 2011, le PLJ se taille, comme on s’y attendait, la part du lion. Mais le score des salafistes (24 % des voix) étonne, et inquiète les coptes, traités d’"infidèles" par certains cheikhs de ce mouvement. Invité par la chaîne Dream TV, qui compte des millions de téléspectateurs, Mohamed Morsi répond d’une voix forte : "Les coptes font partie du tissu égyptien, ils ont autant de droits que j’en ai... Par le Dieu tout-puissant, nous avons le devoir de respecter la foi des autres."
Le 11 janvier 2012, Morsi reçoit William Burns, sous-secrétaire d’État américain. C’est la première fois qu’une personnalité américaine de ce rang rencontre les dirigeants de la confrérie. Il affirme que son parti s’engage en faveur des droits de l’homme, de la tolérance religieuse, et qu’il respectera les obligations internationales de l’Égypte. Il dit aussi "croire en l’importance des relations égypto-américaines", mais estime qu’elles "doivent être équilibrées".
Autant d’assurances qui donnent à penser que l’Égypte nouvelle a pris le train de la modération et de l’ouverture.

(25 janvier 2012 - Avec les agences de presse)

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