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Abbas : l’adhésion à l’Unesco, "une première reconnaissance de la Palestine"

mardi 13 décembre 2011, par La Rédaction

L’adhésion à l’Unesco est "une première reconnaissance de la Palestine", a déclaré mardi à Paris le président palestinien Mahmoud Abbas qui "souhaite que ceci soit de bon augure pour une admission de la Palestine dans d’autres organisations internationales".
"C’est émouvant de voir notre drapeau hissé aujourd’hui dans une enceinte de l’ONU", a souligné M. Abbas dans un discours au siège de l’Unesco après avoir assisté à la cérémonie de lever de drapeau célébrant l’entrée des Palestiniens à l’agence onusienne.

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Quand occupation rime avec destruction

Mahmoud Abbas assiste aujourd’hui au lever du drapeau de la Palestine devant le siège de l’Unesco, à Paris. Pendant ce temps, à Jérusalem, la rampe d’accès à l’esplanade des Mosquées vient d’être fermée sur ordre des Israéliens, prenant le risque de provoquer la colère des populations musulmanes de la région - sur l’esplanade, la mosquée al-Aqsa est le troisième lieu saint de l’islam.
Loin de ces grandes affaires, le DWG (Displacement working group) travaille minutieusement. Rassemblement d’ONG sous le patronage de l’OCHA-Opt (1), le DWG comptabilise toutes les expropriations, les exactions, les violences subies par les Palestiniens dans les territoires depuis 2009. Nous avons pu nous les procurer, en exclusivité.
Ça ressemble à un inventaire à la Prévert. Maisons, écoles, mosquées, citernes, abris pour animaux : toutes ces équipements ont en commun d’être détruits jour après jour par les Forces de défense israéliennes (FDI). Souvent au mépris du droit international humanitaire qui oblige la puissance occupante (en l’occurrence, Israël) à prendre en charge les territoires sous son administration.

Zonage
Pour comptabiliser ces données, le DWG tient le compte non seulement des bâtiments détruits mais des personnes déplacées et "affectées". C’est-à-dire les personnes touchées, d’une manière ou d’une autre, par ces destructions. Comme l’explique un consultant dans une ONG française, "quand un générateur électrique est détruit, 70 personnes peuvent être concernées. Et quand une famille est expropriée sans autre solution que de s’abriter ailleurs, c’est une autre famille qui est "affectée" par ce genre de situation. Ou encore les clients d’un commerce détruit qui se retrouvent sans ressources...
Ce sont Jérusalem-est et la zone C les plus touchés. Le zonage de la Palestine date des accords d’Oslo : dans les zones A et B, l’autorité palestinienne exerce le contrôle sur le développement et la construction. C’est par exemple la zone où se situe Ramallah. Ce territoire, qui couvre 40 % de la Palestine, est relativement épargné par les Israéliens. Le statut de Jérusalem-est est particulier, mais l’État hébreu y exerce de fait son autorité et y implante sans cesse des colonies. La zone C, elle, est entièrement sous contrôle israélien : une administration civile est chargée du développement de ce territoire (routes, constructions) et de la protection des civils - 150 000 Palestiniens.

Conditions de vie
De fait, les permis de construire sont quasiment impossibles à obtenir et les Palestiniens, comme la communauté internationale (ONU, ONG, plans de développement des chancelleries, dont la France) sont obligés de lancer des projets illégaux aux yeux des Israéliens, que l’administration civile sanctionne d’un ordre de démolition.
Résultat : le graphique montre que les destructions connaissent une nette augmentation, comme l’indique aussi un rapport de l’UNRWA (2). Le DWG fait remarquer qu’une nouvelle tendance se dessine : plutôt que de s’en prendre aux maisons, Israël vise les moyens de subsistance comme les citernes, les abris pour les animaux, etc. Pour la population de la Zone C, largement composée de bédouins, l’effet reste le même : les conditions de vie y sont de plus en plus difficiles. Au point que, selon un responsable de l’ONU, "il y a une véritable urgence humanitaire dans les territoires". Le nombre de personnes "affected" ne cesse d’augmenter, poussant les Palestiniens à fuir la zone C. Ces destructions, ces exils causent de véritables traumatismes, que le meilleur des rapports pourra difficilement mesurer.

(1) Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires pour les territoires palestiniens occupés.
(2) Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient

(Mardi, 13 décembre 2011 - Avec les agences de presse)

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