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Denise Hamouri : "Salah devait être libéré le 28 novembre"

lundi 12 décembre 2011, par La Rédaction

Après sept ans de silence, Nicolas Sarkozy est intervenu en faveur de Salah Hamouri. Incarcéré en Israël depuis le 13 mars 2005 car soupçonné d’avoir participé à un complot visant à assassiner le rabbin Ovadia Yossef, le militant franco-palestinien pourrait bientôt recouvrer la liberté, après que le religieux a annoncé ne pas s’opposer à la libération anticipée du jeune homme de 26 ans. D’après le Point, le président français serait discrètement intervenu la semaine dernière en transmettant à Ovadia Yossef une lettre via l’ambassadeur de France en Israël. Dans une interview exclusive au Point, Denise Hamouri réagit au geste de Nicolas Sarkozy.

***

Votre fils a-t-il été libéré ?
Denise Hamouri : Je ne dispose que d’informations partielles que j’ai obtenues par le biais de sites internet. Il y a effectivement eu dimanche une intervention de l’ambassadeur de France auprès du rabbin Ovadia Yossef. Mais pour être sûr que mon fils sera libéré, il faut attendre de voir si son nom figurera dans la seconde vague de prisonniers palestiniens libérables. Celle-ci doit être publiée lundi soir ou demain. Nous ne disposons pas d’autres informations.

Êtes-vous satisfaite de la tournure des événements ?
Je suis très heureuse, mais je n’en reste pas moins prudente. Et je le resterai jusqu’à ce que j’aperçoive le nom de mon fils sur la liste. Ce n’est pas encore fini. Maintenant, je suis satisfaite car mon fils devait être libéré le 28 novembre dernier. Or il ne l’a pas été. Et vous savez que pour un prisonnier, toute journée supplémentaire à sa peine équivaut à une année.

Comment expliquez-vous qu’il n’ait pas été libéré à cette date ?
Selon le document que nous a transmis le Comité international de la Croix-Rouge, Salah devait être libéré au terme de sa peine, c’est-à-dire après six ans, huit mois et quinze jours. Or après la prise d’otage de Gilad Shalit, une ancienne loi israélienne a été remise à jour, offrant la possibilité à la justice militaire israélienne de convertir, au cours d’une même peine, les années administratives (345 jours) en années civiles (365 jours). Ainsi, mon fils ne devait plus être libéré qu’en mars 2012.
D’autre part, après la libération de Gilad Shalit, que je salue, et de la première vague de libération de prisonniers palestiniens, la justice israélienne en a profité pour annoncer que le pays ne souffrait plus de surpopulation carcérale. Ainsi, pour remplir les quotas, tous les prisonniers palestiniens devaient finir leur peine civile. Et il n’y a pas que mon fils, ils sont une centaine dans ce cas.

En octobre dernier, vous aviez qualifié de "contre-productif" le fait que Nicolas Sarkozy se prononce en faveur d’une libération de votre fils le 28 novembre. Avez-vous changé d’avis aujourd’hui ?
À l’époque, j’estimais que mon fils n’avait pas à attendre le 18 décembre et la seconde vague de libération de prisonniers palestiniens, étant donné qu’il avait purgé la totalité de sa peine. Cela a changé dès le moment où il n’a pas été libéré. Nous nous sommes alors dit que l’on pouvait penser à cette seconde option.

D’après nos informations, le rabbin Ovadia Yossef aurait notamment consulté le président du Consistoire israélite de Marseille, Zvi Ammar, qui lui a conseillé d’accéder à la requête du président français.
J’ai lu cela et dois vous avouer que j’ai été un peu surprise.

Zvi Ammar n’a d’ailleurs pas manqué de donner un ton politique à ce geste, estimant qu’il irait dans le sens du "rapprochement entre la France et Israël, relation "quelque peu troublée depuis quelques mois"...
Ce genre de déclaration ne me fait ni chaud ni froid. Mais je ne vais pas en dire davantage.

Estimez-vous, aujourd’hui, que le soldat franco-israélien Gilad Shalit et votre fils ont bénéficié du même traitement par les autorités françaises ?
Disons que, finalement, il y a eu un geste. Certes un peu tard, mais un geste quand même.

(Lundi, 12 décembre 2011 - Propos recueillis par Armin Arefi)

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