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Chroniques de la révolution égyptienne

jeudi 17 novembre 2011, par La Rédaction

Chroniques de la révolution égyptienne
Par Alaa El Aswany
Ed. Actes Sud Sciences humaines
Traduit de l’arabe par : Gilles Gauthier
ISBN 978-2-330-00137-7
prix indicatif : 23,00 euros

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Observateur et acteur très engagé dans les bouleversements dont ses romans faisaient pressentir l’urgence, Alaa El Aswany propose ici, tel un état des lieux, un ensemble de chroniques écrites avant, pendant et après le séisme de la révolution égyptienne, et cet homme si jovial, si compréhensif, si plein d’empathie avec les autres, se montre inflexible, inexorable dès qu’il s’en prend aux forces qui oppriment son pays.

Alaa EL ASWANY
Né en 1957, Alaa El Aswany exerce le métier de dentiste dans le centre du Caire. Son roman L’Immeuble Yacoubian, porté à l’écran par Marwan Hamed et publié en France par Actes Sud (2006, et Babel n° 843), est devenu un phénomène éditorial international. Depuis le 25 janvier 2011, il est l’un des principaux relais de la révolution égyptienne auprès des médias français.Actes Sud a également publié ses romans Chicago (2007 ; Babel n° 941) et J’aurais voulu être égyptien (2009 ; Babel n° 1004), ainsi que son essai Chroniques égyptiennes (2011).

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Alors que les législatives du 28 novembre approchent, le romancier égyptien Alaa El Aswany vient de publier ses « Chroniques de la révolution égyptienne » aux éditions Actes Sud. A coups d’instantanés de la réalité égyptienne, l’auteur sonde les maux de son pays et défend inlassablement la nécessité d’instaurer un régime démocratique.

Alaa El Aswany a le sens du détail. S’emparant d’une anecdote entendue, d’un simple geste révélateur ou d’une rencontre avec une personnalité, ses « Chroniques de la révolution égyptienne », publiées ce mois-ci aux éditions Actes Sud, décryptent les forces qui oppriment son pays. Publiées avant et après la révolution dans la presse nationale, ces 50 chroniques dressent le portrait d’une société meurtrie par les lourdes années du régime Moubarak. « Pauvreté, brutale, oppression sociale, répression, fraude, châtiment des innocents, tout cela a rendu la vie impossible pour des millions d’Égyptiens », déplore-t-il. Mais plus qu’un observateur minutieux, Alaa El Aswany se fait un acteur engagé, pourfendeur inlassable de la démocratie et des libertés, à l’instar du mouvement Kifaya, qu’il a co-fondé en 2004.

Face à l’appareil répressif du régime Moubarak, le plus célèbre des écrivains contemporains égyptiens, auteur du best-seller « L’immeuble Yacoubian », pressent avant l’heure le mouvement qui se prépare. « L’Égypte est maintenant submergée par les grèves et les mouvements de protestation, comme cela n’avait pas eu lieu depuis la Révolution de 1952. Cette contestation sociale généralisée annonce un changement inévitable et n’est pas du tout étrangère à la démocratie », prédit-il. Convaincue de la nécessité de cette vague de révolte, sa plume aiguisée fustige sans relâche les rouages du système, huilé à coups de clientélisme et corruption.

Répondant au slogan des Frères musulmans « l’islam est la solution », l’écrivain conclue chaque chronique de façon implacable : « la démocratie est la solution ».

Dénonçant le délitement de la justice et du système de santé, les incarcérations arbitraires et les tortures sauvages, ou encore les droits des femmes bafoués par la « vague impétueuse de pensée salafiste-wahabite », chacune de ses chroniques est un appel clair à la démocratie et à une vision ouverte et éclairée de l’islam. Répondant au slogan des Frères musulmans « l’islam est la solution », l’écrivain conclut chaque chronique de façon implacable : « la démocratie est la solution ».

En filigrane de cette critique du régime, Alaa El Aswany garde son habituelle humanité à fleur de peau, caractéristique de ses précédents romans. Animé d’une foi inébranlable dans son peuple, l’auteur ne cesse de défendre le potentiel de sa nation, brisée, selon lui, par le régime de Moubarak. « Les gens du peuple ne sont pas comme le prétendent les dirigeants égyptiens, une populace qui ne sait pas où se trouve son intérêt. Ils sont au contraire dotés d’une boussole infaillible qui les guide vers la position juste. (…) il nous faut bien prendre conscience de ce que la chute des intellectuels commence toujours par leur mépris du peuple ». Mais dans ses dernières chroniques, écrites après la chute de Moubarak, l’inquiétude de l’écrivain est perceptible. « La Révolution n’est pas terminée », avertit-il, avant de s’interroger sur la portée du mouvement : « la révolution égyptienne s’est-elle trompée ? ».

Marqué d’une conscience historique dont il ne se défait jamais, Alaa El Aswany perçoit la difficulté de bâtir une Egypte nouvelle, alors que l’ancien régime perdure : « Le problème, c’est que la révolution a fait tombé Moubarak, mais que le régime de Moubarak, lui n’est pas tombé ». Mais malgré les entraves, il ne se départit jamais de l’espoir d’une Egypte libre, espoir nourri par les trois semaines passées sur la place Tahrir aux côtés des manifestants. A l’instar de sa dernière chronique, qui rend hommage au caricaturiste syrien Ali Farazat, dont les mains ont été brisées par des hommes du régime, Alaa El Aswany réaffirme par ses chroniques la détermination et la puissance des plumes arabes, plus fortes que les bâtons de la répression.

( Par Céline Girard )

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