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État palestinien : les États-Unis annoncent qu’ils opposeront un veto à l’ONU

jeudi 8 septembre 2011, par La Rédaction

Le département d’Etat américain a explicitement fait savoir jeudi que Washington opposerait un veto à toute tentative des Palestiniens de revendiquer une reconnaissance complète aux Nations unies.

"Les Etats-Unis s’opposent à toute démarche des Palestiniens à New York pour tenter de créer un Etat, qui ne peut voir le jour que par des négociations", a déclaré Victoria Nuland, porte-parole du département d’Etat, lors de son point de presse quotidien.

"Aussi, oui, si quelque motion est soumise à un vote au Conseil de sécurité des Nations unies, les Etats-Unis y opposeront leur veto", a-t-elle précisé.

C’est la première fois que Washington, par la voix de cette porte-parole, menace explicitement d’user de son droit de veto.

En réponse à cette prise de position, Nabil Abou Rdainah, l’un des porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, a publié un communiqué réaffirmant que "Nous irons aux Nations unies pour demander une adhésion complète de la Palestine, afin de préserver les droits de notre peuple palestinien et le concept d’une solution à deux Etats".

George Mitchell, ancien émissaire américain pour le Proche-Orient, avait déclaré jeudi qu’il y avait peu de chances que les Etats-Unis parviennent à dissuader les Palestiniens de revendiquer une reconnaissance plus complète aux Nations unies.

David Hale, son successeur, et Dennis Ross, directeur de la planification politique au département d’Etat, ont rencontré mercredi Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, dans l’espoir de faire interrompre l’initiative palestinienne à l’Onu.

Les Palestiniens cherchent à obtenir un statut plus élevé au sein de l’organisation internationale, soit en y faisant reconnaître un Etat palestinien couvrant la bande de Gaza et la Cisjordanie, soit en obtenant leur reconnaissance comme "Etat non membre".

"Je crois qu’il était et qu’il reste peu probable qu’ils réussissent dans cette tentative", a déclaré George Mitchell lors d’une conférence sur le maintien de la paix à l’université Georgetown de Washington.

Si les Palestiniens ne tiennent pas compte de l’opposition des Etats-Unis et d’Israël et réclament la pleine reconnaissance d’un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale, leur démarche échouera très vraisemblablement car cela nécessitera un vote au Conseil de sécurité, instance devant laquelle Washington peut user de son droit de veto.

On ignore si les Palestiniens comptent réclamer leur reconnaissance comme Etat membre à part entière, un statut d’observateur renforcé ou les deux à la fois.

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Campagne palestinienne pour soutenir l’entrée de l’Etat de Palestine à l’ONU

Les Palestiniens ont lancé jeudi une campagne pour appuyer leur demande d’adhésion à l’ONU d’un Etat de Palestine sur les frontières de 1967, un projet auquel s’opposent Israël et les Etats-Unis et qui divise les pays européens.

Au même moment, la direction palestinienne confirmait son intention de présenter cette demande d’adhésion aux Nations unies pendant la session annuelle de l’Assemblée générale qui s’ouvre la semaine prochaine.

La campagne, baptisée "Campagne nationale pour la Palestine, 194e Etat (l’ONU compte 193 membres, NDLR)", a été lancée à Ramallah, où une centaine de Palestiniens, brandissant drapeaux et pancartes, ont défilé jusqu’au QG de l’ONU et remis une lettre sollicitant le soutien du secrétaire général Ban Ki-moon à l’adhésion d’un Etat de Palestine.

"Aujourd’hui, nous avons commencé notre campagne sur le terrain et nous espérons que les Nations unies répondront à nos demandes", a expliqué à l’AFP un des coordinateurs de la campagne Ahmad Assaf.

La lettre a été symboliquement déposée par une réfugiée du camp d’Al-Amari, près de Ramallah, Latifa Abou Hmed, 60 ans, dont sept (bien SEPT) fils sont ou ont été détenus par Israël et un huitième été tué par l’armée israélienne.

"J’adresse ce message à l’ONU pour dire que nous avons droit à notre Etat comme n’importe qui dans le monde et avons droit à la fin de l’occupation", a-t-elle déclaré.

Le président palestinien Mahmoud Abbas doit remettre en personne la demande d’adhésion à M. Ban le 20 septembre, faute de perspective de reprise des négociations de paix avec le gouvernement Netanyahu, en dépit de l’opposition d’Israël et des Etats-Unis.

La direction palestinienne appelle à "une large mobilisation en Palestine, dans les camps (de réfugiés, NDLR) dans le monde arabe et dans tous les pays du monde pour soutenir la démarche aux Nations unies", selon un communiqué diffusé à l’issue d’une réunion à Ramallah autour de M. Abbas.

Elle "affirme la nécessité de poursuivre la démarche à l’ONU pour obtenir la reconnaissance de l’adhésion d’un Etat de Palestine sur les frontières du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale", soit la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza, selon le texte lu par le secrétaire général du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine Yasser Abed Rabbo

"La direction palestinienne estime que parvenir à ce but favorisera la relance d’un processus de paix sérieux et de nouvelles négociations avec l’objectif clair d’une solution à deux Etats sur les frontières de 1967", précise-t-elle.

Un participant, Azzam al-Ahmad, a qualifié avant la réunion la décision "de "définitive et irréversible", affirmant que "la demande d’adhésion serait soumise au Conseil de sécurité et non à l’Assemblée générale".

Le président palestinien et deux émissaires américains ont constaté mercredi leurs profondes divergences sur l’opportunité de cette demande.

Résultat, les Etats-Unis ont annoncé formellement jeudi qu’ils "opposeraient leur veto" à une démarche des Palestiniens auprès du Conseil de sécurité.

"Cela ne devrait pas surprendre (...) que les Etats-Unis sont opposés à une démarche des Palestiniens à New York pour essayer d’établir un Etat qui ne peut être obtenu que par la négociation", a dit la porte-parole du département d’Etat Victoria Nuland.

De son côté, l’ex-émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, qui a démissionné en mai en raison de l’enlisement des négociations, s’est montré pessimiste sur les chances "à court terme" de la paix entre Israël et les Palestiniens et a prédit "plus de turbulences" à court terme.

Côté européen, la chef de la diplomatie Catherine Ashton reprendra son bâton de pèlerin pour une mission la semaine prochaine auprès des Palestiniens et des Israéliens.

Ce déplacement de Mme Ashton "s’inscrit dans le cadre de ses efforts pour relancer les pourparlers de paix au Proche Orient, et pour s’assurer que la résolution que l’Autorité palestinienne envisage de soumettre à l’ONU ce mois-ci soit un texte qui puisse obtenir un plus large soutien", selon une source européenne.

(Jeudi, 08 septembre 2011 - Avec les agences de presse)

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