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Cisjordanie : un soldat israélien tué près de Ramallah

jeudi 7 mai 2009, par La Rédaction

Un soldat israélien a été tué peu avant l'aube jeudi dans un accrochage en Cisjordanie. L'armée israélienne a précisé que son soldat a été tué alors que les forces israéliennes tentaient d'intervenir dans une bagarre dans le village de Bir Zeït près de Ramallah.
L'armée israélienne a ajouté qu'elle avait ouvert une enquête sur les circonstances exactes de la mort et qu'un nombre indéterminé de suspects palestiniens ont été arrêtés. On ne dispose d'aucune autre précision.
 
Abbas pourrait demander un nouveau gouvernement palestinien sans le Hamas
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devrait demander dans la semaine à venir à son Premier ministre démissionnaire Salam Fayyad de former un nouveau gouvernement sans les dirigeants du Hamas au pouvoir à Gaza, signe que les négociations de réconciliation avec les islamistes sont mal parties.
Des mois de pourparlers sur le partage du pouvoir entre le Fatah de M. Abbas et le Mouvement de la résistance islamique qui contrôle la Bande de Gaza depuis juin 2007 n'ont rien donné. "S'ils continuent comme ça, ça peut durer des années", a lancé Yasser Abed Rabbo, conseiller du président Abbas.
La formation d'un nouveau gouvernement jouit d'un "soutien extérieur", a-t-il ajouté, faisant référence à l'Egypte, qui a tenté de jouer les médiateurs dans les négociations interpalestiniennes. Les autorités égyptiennes n'ont pas fait de commentaire.
M. Abed Rabbo a précisé que les prochaines discussions sous l'égide de l'Egypte s'ouvriraient le 16 mai comme prévu, mais le Hamas semblait également pessimiste sur les chances de succès. L'annonce de la formation d'un gouvernement "sabote les discussions sur l'unité palestinienne, c'est un grand coup porté aux efforts égyptiens et cela prouve que le Fatah n'est pas sincèrement intéressé par l'unité", a jugé Mushir al-Masri, membre politique du Hamas dans la Bande de Gaza.
Mahmoud Abbas ne contrôle plus que la Cisjordanie depuis le coup de force du Hamas dans la Bande de Gaza en juin 2007. En mars, Salam Fayyad a démissionné pour ouvrir la voie à de nouvelles discussions de réconciliation. C'est lui qui dirigerait le nouveau gouvernement, selon Yasser Abed Rabbo.
 
Benoît XVI visite un Proche-Orient bien différent de celui de Jean Paul II
Benoît XVI entame une tournée d'une semaine au Proche et Moyen-Orient vendredi, sur les traces de son prédécesseur Jean Paul II en 2000. Mais cette fois le pape, qui se veut le "pèlerin de la paix", se rend dans une région troublée où il s'est attiré la colère des juifs et des musulmans par certains propos et décisions.
Le souverain pontife sera vendredi à Amman, en Jordanie, puis à Jérusalem lundi, dans un camp de réfugiés de Bethléem en Cisjordanie mercredi, à Nazareth jeudi prochain, et regagnera Jérusalem vendredi 15. Le voyage sera ponctué de rencontres avec des responsables de chaque pays ou territoire visité, de visites dans des sites bibliques ou de mémoire, et de célébrations religieuses.
Jean Paul II en avait fait autant mais le contexte était différent: avocat du dialogue entre les religions, Karol Wojtyla, qui avait grandi en Pologne dans l'ombre d'Auschwitz et lutté contre le totalitarisme communiste, avait prié devant le Mur des lamentations à Jérusalem et laissé une note demandant pardon pour l'antisémitisme des chrétiens.
Aujourd'hui, c'est un pape allemand qui trône au Saint-Siège et, en quatre ans, il s'est déjà aliéné bon nombre de juifs et musulmans avec des propos portant par exemple sur la violence et l'islam, en levant l'excommunication d'un évêque intégriste négationniste, en redonnant droit de cité à une messe qui appelle à la conversion des juifs, ou en rendant hommage au soutien de Pie XII aux juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale, alors que les juifs l'accusent de ne pas avoir agi contre le génocide.
Par ailleurs, la paix semblait à portée de main entre Israël et les Palestiniens quand Jean Paul II est venu, alors qu'aujourd'hui le dialogue se trouve dans l'impasse.
Le porte-parole du Vatican, Mgr Federico Lombardi, affirme cependant que la seule venue de Benoît XVI est "un signe d'espoir". "J'y vais en pèlerin de la paix", a déclaré Benoît XVI, déplorant que cette région du monde soit marquée par "la violence et l'injustice".
L'étape jordanienne sera sa première visite dans un pays arabe, mais il s'était rendu en Turquie, pays laïque à majorité musulmane, il y a trois ans. A Amman, les puissants Frères musulmans exigent qu'il présente de nouvelles excuses pour un discours de septembre 2006 dans lequel il citait un texte médiéval critiquant les enseignements "mauvais et inhumains" du prophète Mahomet.
Le souverain pontife s'est déjà déclaré "profondément désolé" et a pris ses distances avec le passage cité. "Nous ne pouvons pas continuer de répéter les mêmes mises au point jusqu'à la fin des temps", a déclaré Mgr Lombardi à l'Associated Press Television News. La visite de Benoît XVI et sa rencontre avec des dirigeants musulmans à la plus grande mosquée d'Amman pourrait calmer les esprits.
En Israël, le pape a également suscité des tensions. Sa condamnation ferme de l'antisémitisme et son admission des erreurs du Vatican ont toutefois un peu atténué l'impact de la réintégration de l'évêque négationniste Richard Williamson. Selon Mgr Lombardi, les rabbins récemment reçus au Vatican "étaient très contents et ont dit qu'un malentendu était peut-être une bonne occasion de mieux se comprendre".
Quant à la controverse concernant Pie XII, tout le monde y pensera lors de la rencontre avec un groupe de rescapés de la Shoah au mémorial Yad Vashem de Jérusalem.
Des leaders juifs soulignent cependant que Benoît XVI, s'il a fréquenté les Jeunesses hitlériennes et l'armée avant de déserter peu avant la fin de la Deuxième Guerre mondiale, quand il était encore le jeune Joseph Ratzinger, a déjà visité des synagogues. Le rabbin David Rosen, une des voix les plus écoutées en Israël sur le dialogue interreligieux, le décrit plutôt comme un ami des juifs et estime que les divergences de vues portent "plus sur la forme que sur le fond".
Pendant toute sa tournée, Benoît XVI prononcera ses discours en anglais, a précisé Mgr Lombardi, ce qui évitera de froisser qui que ce soit, en parlant par exemple allemand.
Ce voyage lui donnera l'occasion de soutenir les chrétiens, qui sont nombreux à fuir la région à cause de la violence et de la crise économique. Benoît XVI doit rencontrer des chrétiens irakiens réfugiés en Jordanie et des représentants de la petite communauté catholique de Gaza à Bethléem. Israël autorisera probablement les catholiques de la Bande de Gaza à se rendre en Cisjordanie pour la messe à Nazareth.
 
( Jeudi, 07 Mai 2009 - Avec les agences de presse )
 
Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
 
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