Un soldat israélien a été tué peu avant l'aube jeudi dans
un accrochage en Cisjordanie. L'armée israélienne a précisé que son soldat a été
tué alors que les forces israéliennes tentaient d'intervenir dans une bagarre
dans le village de Bir Zeït près de Ramallah.
L'armée israélienne a ajouté
qu'elle avait ouvert une enquête sur les circonstances exactes de la mort et
qu'un nombre indéterminé de suspects palestiniens ont été arrêtés. On ne dispose
d'aucune autre précision.
Abbas pourrait demander un nouveau gouvernement
palestinien sans le Hamas
Le président de l'Autorité
palestinienne Mahmoud Abbas devrait demander dans la semaine à venir à son
Premier ministre démissionnaire Salam Fayyad de former un nouveau gouvernement
sans les dirigeants du Hamas au pouvoir à Gaza, signe que les négociations de
réconciliation avec les islamistes sont mal parties.
Des mois de pourparlers sur le
partage du pouvoir entre le Fatah de M. Abbas et le Mouvement de la résistance
islamique qui contrôle la Bande de Gaza depuis juin 2007 n'ont rien donné.
"S'ils continuent comme ça, ça peut durer des années", a lancé Yasser Abed
Rabbo, conseiller du président Abbas.
La formation d'un nouveau gouvernement jouit d'un "soutien
extérieur", a-t-il ajouté, faisant référence à l'Egypte, qui a tenté de jouer
les médiateurs dans les négociations interpalestiniennes. Les autorités
égyptiennes n'ont pas fait de commentaire.
M. Abed Rabbo a précisé que les prochaines discussions
sous l'égide de l'Egypte s'ouvriraient le 16 mai comme prévu, mais le Hamas
semblait également pessimiste sur les chances de succès. L'annonce de la
formation d'un gouvernement "sabote les discussions sur l'unité palestinienne,
c'est un grand coup porté aux efforts égyptiens et cela prouve que le Fatah
n'est pas sincèrement intéressé par l'unité", a jugé Mushir al-Masri, membre
politique du Hamas dans la Bande de Gaza.
Mahmoud Abbas ne contrôle plus que la Cisjordanie depuis
le coup de force du Hamas dans la Bande de Gaza en juin 2007. En mars, Salam
Fayyad a démissionné pour ouvrir la voie à de nouvelles discussions de
réconciliation. C'est lui qui dirigerait le nouveau gouvernement, selon Yasser
Abed Rabbo.
Benoît XVI visite un Proche-Orient bien différent
de celui de Jean Paul II
Benoît XVI entame une tournée d'une
semaine au Proche et Moyen-Orient vendredi, sur les traces de son prédécesseur
Jean Paul II en 2000. Mais cette fois le pape, qui se veut le "pèlerin de la
paix", se rend dans une région troublée où il s'est attiré la colère des juifs
et des musulmans par certains propos et décisions.
Le souverain pontife sera vendredi à
Amman, en Jordanie, puis à Jérusalem lundi, dans un camp de réfugiés de Bethléem
en Cisjordanie mercredi, à Nazareth jeudi prochain, et regagnera Jérusalem
vendredi 15. Le voyage sera ponctué de rencontres avec des responsables de
chaque pays ou territoire visité, de visites dans des sites bibliques ou de
mémoire, et de célébrations religieuses.
Jean Paul II en avait fait autant mais le contexte était
différent: avocat du dialogue entre les religions, Karol Wojtyla, qui avait
grandi en Pologne dans l'ombre d'Auschwitz et lutté contre le totalitarisme
communiste, avait prié devant le Mur des lamentations à Jérusalem et laissé une
note demandant pardon pour l'antisémitisme des chrétiens.
Aujourd'hui, c'est un pape allemand qui trône au
Saint-Siège et, en quatre ans, il s'est déjà aliéné bon nombre de juifs et
musulmans avec des propos portant par exemple sur la violence et l'islam, en
levant l'excommunication d'un évêque intégriste négationniste, en redonnant
droit de cité à une messe qui appelle à la conversion des juifs, ou en rendant
hommage au soutien de Pie XII aux juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale,
alors que les juifs l'accusent de ne pas avoir agi contre le
génocide.
Par ailleurs, la paix semblait à portée de main entre
Israël et les Palestiniens quand Jean Paul II est venu, alors qu'aujourd'hui le
dialogue se trouve dans l'impasse.
Le porte-parole du Vatican, Mgr Federico Lombardi, affirme
cependant que la seule venue de Benoît XVI est "un signe d'espoir". "J'y vais en
pèlerin de la paix", a déclaré Benoît XVI, déplorant que cette région du monde
soit marquée par "la violence et l'injustice".
L'étape jordanienne sera sa première visite dans un pays
arabe, mais il s'était rendu en Turquie, pays laïque à majorité musulmane, il y
a trois ans. A Amman, les puissants Frères musulmans exigent qu'il présente de
nouvelles excuses pour un discours de septembre 2006 dans lequel il citait un
texte médiéval critiquant les enseignements "mauvais et inhumains" du prophète
Mahomet.
Le souverain pontife s'est déjà déclaré "profondément
désolé" et a pris ses distances avec le passage cité. "Nous ne pouvons pas
continuer de répéter les mêmes mises au point jusqu'à la fin des temps", a
déclaré Mgr Lombardi à l'Associated Press Television News. La visite de Benoît
XVI et sa rencontre avec des dirigeants musulmans à la plus grande mosquée
d'Amman pourrait calmer les esprits.
En Israël, le pape a également suscité des tensions. Sa
condamnation ferme de l'antisémitisme et son admission des erreurs du Vatican
ont toutefois un peu atténué l'impact de la réintégration de l'évêque
négationniste Richard Williamson. Selon Mgr Lombardi, les rabbins récemment
reçus au Vatican "étaient très contents et ont dit qu'un malentendu était
peut-être une bonne occasion de mieux se comprendre".
Quant à la controverse concernant Pie XII, tout le monde y
pensera lors de la rencontre avec un groupe de rescapés de la Shoah au mémorial
Yad Vashem de Jérusalem.
Des leaders juifs soulignent cependant que Benoît XVI,
s'il a fréquenté les Jeunesses hitlériennes et l'armée avant de déserter peu
avant la fin de la Deuxième Guerre mondiale, quand il était encore le jeune
Joseph Ratzinger, a déjà visité des synagogues. Le rabbin David Rosen, une des
voix les plus écoutées en Israël sur le dialogue interreligieux, le décrit
plutôt comme un ami des juifs et estime que les divergences de vues portent
"plus sur la forme que sur le fond".
Pendant toute sa tournée, Benoît XVI prononcera ses
discours en anglais, a précisé Mgr Lombardi, ce qui évitera de froisser qui que
ce soit, en parlant par exemple allemand.
Ce voyage lui donnera l'occasion de soutenir les
chrétiens, qui sont nombreux à fuir la région à cause de la violence et de la
crise économique. Benoît XVI doit rencontrer des chrétiens irakiens réfugiés en
Jordanie et des représentants de la petite communauté catholique de Gaza à
Bethléem. Israël autorisera probablement les catholiques de la Bande de Gaza à
se rendre en Cisjordanie pour la messe à Nazareth.
( Jeudi, 07 Mai 2009 - Avec les agences de presse
)
Pétition
Non au terrorisme de l’Etat
d’Israël
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