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Libye : Des Tripolitains divergent sur l’origine des tirs

lundi 21 février 2011, par La Rédaction

Des Tripolitains ont fourni lundi des versions divergentes sur les violences dans la capitale libyenne, certains faisant état de tirs, tandis qu’un militant politique déclarait à la chaîne de télévision Al Djazira que l’armée de l’air libyenne bombardait la ville.
"Nous ne savons pas ce qui se passe, tout ce que nous pouvons entendre, ce sont des coups de feu sporadiques", a dit à Reuters un habitant qui vit non loin de la place Verte, dans le centre de la ville.
"J’ai seulement entendu des coups de feu de temps à autre. Je suis chez moi avec ma famille car la situation est instable. Personne ne sait ce qui va arriver", a dit un autre.
Mais Adel Mohamed Saleh, qui se présente comme un militant politique, a déclaré qu’un bombardement aérien avait au départ pris pour cible un cortège funèbre.
"Ce à quoi nous assistons aujourd’hui est inimaginable. Des avions et des hélicoptères de l’armée de l’air bombardent aveuglément un secteur après l’autre. Il y a de nombreux, nombreux morts", a déclaré cet habitant.
Prié de dire si le bombardement se poursuivait, il a répondu : "Ça continue, ça continue. Ils prennent pour cible tout ce qui bouge, même ceux qui circulent en voiture".
Il n’a pas été possible de confirmer cette information de source indépendante, mais à Genève, Fathi al Warfali, militant libyen à la tête du Comité libyen pour la Vérité et la Justice, basé en Suisse, a dit avoir entendu des récits similaires.
"Des avions militaires attaquent en ce moment des civils, des manifestants à Tripoli. Les civils ont peur", a-t-il déclaré à Reuters devant le Palais des nations, siège européen de l’Onu, où il participait à une manifestation.

Selon Caracas, Mouammar Kadhafi serait toujours à Tripoli
Le chef de la diplomatie vénézuélienne, Nicolas Maduro, a annoncé que son homologue libyen, Moussa Koussa, lui avait confié lundi au téléphone que le colonel Mouammar Kadhafi était toujours à Tripoli pour faire face à l’agitation qui secoue la Libye.
"Moussa Koussa a dit (...) que Mouammar Kadhafi était à Tripoli, jouissant de tous les pouvoirs conférés par l’Etat et s’occupant de la situation dans son pays, réfutant ainsi les propos tenus à la presse de façon irresponsable par le secrétaire au Foreign Office, William Hague", a déclaré le ministre vénézuélien dans un communiqué.
Peu auparavant, le gouvernement vénézuélien avait démenti des informations selon lesquelles le dirigeant libyen se rendrait au Venezuela à la suite d’un soulèvement contre son régime.
Le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Khalid Kayem, a lui aussi opposé un démenti à ces informations.
Séduit par les thèses révolutionnaires de Kadhafi, le président vénézuélien Hugo Chavez entretient avec lui des relations chaleureuses.
Lundi à Bruxelles, William Hague avait déclaré être au courant d’informations suggérant que Kadhafi aurait fui la Libye et serait en route pour le Venezuela.
Le gouvernement vénézuélien "dément de telles informations", a dit à Reuter une source gouvernementale haut placée.
Il a ajouté qu’il était improbable que Kadhafi vienne au Venezuela. "Ce n’est pas prévu", a-t-il dit.
S’exprimant à la télévision publique libyenne, Khalid Kayem a déclaré que les rumeurs de départ de Kadhafi au Venezuela étaient "dénuées de tout fondement".

L’UE condamne la répression des manifestations en Libye
Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont condamné lundi la répression des manifestations en Libye et ils ont promis leur soutien à la transition démocratique résultant des soulèvements populaires en Afrique du Nord et au Proche-Orient.
Lors d’un conseil des ministres à Bruxelles, ils se sont inquiétés des violences et de la possibilité d’un afflux d’immigrants clandestins d’Afrique du Nord à la suite de la menace brandie la semaine dernière par la Libye de suspendre sa coopération dans le contrôle des migrants.
Le secrétaire au Foreign Office, William Hague, a exhorté les autorités libyennes à assurer une protection adéquate aux ressortissants étrangers et à fournir assistance à ceux qui souhaitent quitter le pays.
Selon un bilan établi par l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch auprès de sources dans des hôpitaux, au moins 233 personnes ont été tuées ces quatre derniers jours en Libye lors d’affrontements entre forces de sécurité et manifestants hostiles au régime du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
Dans un communiqué, les ministres de l’UE affirment que le Conseil et les Etats de l’UE condamnent la répression en cours contre des manifestants en Libye et déplorent les violences et la mort de civils.
"La liberté d’expression et le droit de se réunir pacifiquement sont des droits de l’homme et des libertés fondamentales de tout être humain qui doivent être respectées et protégées", dit le communiqué.
Il souligne que le bloc est prêt à lancer un nouveau partenariat dans ses relations avec les pays méditerranéens du Sud afin de soutenir le processus vers la démocratie, l’état de droit, le développement économique et social et une stabilité régionale renforcée.
Le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini a déclaré que les pays de l’UE demanderaient probablement au Parlement européen, qui a déjà approuvé un fonds de développement d’un milliard d’euros, de soutenir une stratégie de moyen à long terme visant à soutenir le développement d’infrastructures, d’investissements et du secteur privé dans la région.
Il s’est dit préoccupé par les risques d’augmentation de l’immigration clandestine en raison des troubles en Libye.
Tout en réclamant un plan Marshall en faveur de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient, Frattini, dont le président du Conseil, Silvio Berlusconi, entretient des liens étroits avec Kadhafi, a souligné que l’Europe ne devait pas donner l’impression de tenter d’exporter sa démocratie.
Nous devons aider, nous devons soutenir une réconciliation pacifique, a-t-il dit.
Des milliers de migrants tentent de rejoindre chaque année les îles du sud de l’Italie à partir des côtes nord de Libye ou de Tunisie.
La Libye a menacé fréquemment de suspendre sa coopération avec l’UE en matière d’immigration clandestine.
Sa dernière menace en date est intervenue après que Catherine Ashton, Haute Représentante pour la politique extérieure de l’Union, eut déclaré la semaine dernière que la Libye devrait autoriser la liberté d’expression.
Ashton, qui devait se rendre lundi en Egypte, a déclaré lors d’un point de presse que des initiatives spécifiques destinées à aider la région et à promouvoir la démocratie et les droits de l’homme dans la région ferait l’objet de discussions dans les prochains jours.
L’Allemagne a souligné lundi la nécessité d’une ouverture adéquate des marchés de l’UE aux pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient afin d’assister la région de manière efficace.
Cependant, les tentatives de création d’une zone de libre échange dans la région euro-méditerranéenne, qui inclurait des productions nord-africaines telles que l’huile d’olive, les agrumes ou les textiles, ont été bloquées par les pays d’Europe du Sud, qui craignent la concurrence pour leurs propres produits.

Le sénateur Joe Lieberman "révolté" par la répression en Libye
Le sénateur américain Joe Lieberman s’est dit lundi à Tunis "révolté" par la répression des manifestations qui a fait plus de 200 morts en Libye.
"Quand on voit la manière dont le gouvernement libyen et les militaires traitent leur peuple, c’est révoltant. Nous devons les condamner", a lancé M. Lieberman, membre de la commission sénatoriale des forces armées.
Il parlait lors d’une conférence de presse tenue en compagnie de son collègue John McCain. Les deux sénateurs américains sont en visite en Tunisie dans le cadre d’une tournée dans plusieurs pays de la région.
M. Lieberman s’est félicité que "plus de 150 militaires libyens aient refusé de tirer sur la foule". Il s’est dit "fasciné" par l’attitude de l’armée tunisienne qui n’a pas obtempéré à l’ordre (de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali) d’ouvrir le feu sur les manifestants.
"Le président (américain Barack) Obama condamne ce qui s’est passé en Iran et en Libye et il a appelé à punir les responsables", a ajouté Joe Lieberman.
Les deux sénateurs ont déclaré qu’ils étaient venus pour "féliciter la Tunisie à la suite de la révolution faite par et pour le peuple tunisien".
Ils ont précisé avoir discuté avec le Premier ministre Mohamed Ghannouchi, d’autres membres du gouvernement et des représentants de la société civile "du rôle que peuvent jouer les Etats-Unis pour apporter leur assistance dans la transition démocratique" que vit la Tunisie.
John McCain a jugé "important que la révolution tunisienne réussisse pour servir d’exemple dans d’autres pays". Il a dit craindre "des conséquences désastreuses" dans le cas contraire.
Le sénateur républicain de l’Arizona et ancien candidat à la Maison Blanche a situé cette assistance d’abord dans l’organisation "d’élections libres, crédibles et transparentes" et ensuite dans un soutien à la relance économique du pays.
Il a parlé d’une aide financière à court terme et d’une action à long terme pour renforcer les investissements américains en Tunisie.

(Lundi, 21 février 2011 - Avec les agences de presse)

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
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