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La contestation ne faiblit pas place de la Perle à Bahreïn

lundi 21 février 2011, par La Rédaction

Quelque 10.000 manifestants, dont 1.500 professeurs en grève, étaient encore réunis lundi place de la Perle à Manama, lieu symbolique de la contestation à Bahreïn, pour réclamer un changement de gouvernement.
"Pas de cours tant que le gouvernement ne sera pas tombé", scandaient les professeurs, qui protestent contre leurs mauvaises conditions de vie.
"Ca fait dix ans que je suis mariée, mais nous ne pouvons pas acheter de maison, alors nous sommes forcés de vivre chez la famille de mon mari", se désespère Amal Mohsen, une enseignante de 33 ans.
La fédération générale des syndicats de Bahreïn a appelé à la fin de la grève lundi après les promesses du gouvernement d’engager le dialogue et de ne pas chasser les protestataires de la place de la Perle.
"Il y a une ambiance positive aujourd’hui en raison des appels au dialogue du prince héritier", a déclaré le dirigeant syndicaliste Karim Rabih. "Nous pouvons appeler à une nouvelle grève si la situation ne s’améliore pas", a-t-il ajouté.
Certains employeurs ont bloqué la paie des grévistes, a-t-il ajouté, mais aucun d’entre eux n’aurait été renvoyé.
Place de la Perle, à côté d’un étal de vente d’aliments, une affiche montre le prince héritier Salman bin Hamad al Khalifa orné du message "Interpol t’attrapera".
"Aux yeux de la population, le gouvernement est déjà tombé", juge Amir Ahmed, âgé de 38 ans, employé dans le secteur public pétrolier.
Des messages ont fleuri un peu partout sur le rond-point pour dénoncer la corruption, la pénurie d’emplois ou la mort de manifestants.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, quatre manifestants avaient été tués et 231 blessés lorsque la police avait repris le contrôle de la place en démantelant par la force leur campement. Sept morts ont été dénombrés au total depuis le début de la contestation le 14 février.
Samedi, le roi de Bahreïn a invité "toutes les parties" à entamer un dialogue national pour tenter de résoudre la crise.
Les manifestants, pour la plupart chiites, réclament des réformes politiques et sociales dans le royaume dirigé par la famille sunnite des Khalifa. Ils exigent notamment la mise en place d’une vraie monarchie constitutionnelle et la libération des prisonniers politiques.
"Nous sommes beaucoup plus forts (que nos dirigeants). Nous sommes courageux et prêts à mourir. Je viens chaque jour sur la place et je suis enceinte", confie Lamia, institutrice de 26 ans à l’école primaire.
Un opposant chiite, jugé par contumace à Bahreïn pour avoir voulu renverser le gouvernement, a indiqué qu’il quitterait mardi Londres et reviendrait dans l’archipel du Golfe mardi.
Hassan Moushaima, chef de file du Haq - "mouvement pour la liberté et la démocratie" -, a affirmé sur le profil de sa page Facebook qu’il devait auparavant vérifier si la main tendue des dirigeants était sincère et s’il ne risquait pas une arrestation.
Le Haq avait pris ses distances avec le Wefak, principal parti d’opposition chiite, pour avoir accepté de participer à des élections parlementaires en 2006.
Une vague d’interpellations dans les milieux chiites, et notamment parmi les sympathisants du Haq, a eu lieu en août dernier, avant les élections d’octobre. Vingt-cinq personnes ont été arrêtées pour subversion contre le régime et 23 sont jugées actuellement.
En 1999, le roi a promulgué une constitution autorisant l’élection d’un parlement doté de certains pouvoirs mais la famille royale domine toujours un cabinet dirigé par l’oncle du roi qui gouverne depuis 40 ans.
Les musulmans chiites de Bahreïn, qui représentent 70% de la population, s’estiment discriminés en matière d’emploi, de services sociaux, des services publics et de logement.
La secrétaire d’Etat américain Hillary Clinton a qualifié dimanche d’"inacceptable" la violence qui secoue le petit royaume arabe, à la superficie équivalente à Singapour, où est basée la Ve Flotte américaine du Golfe.

(Lundi, 21 février 2011 - Avec les agences de presse)

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
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