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Dialogue lancé à Bahreïn, l’opposition va présenter ses demandes

dimanche 20 février 2011, par La Rédaction

L’opposition devrait faire connaître dimanche ses exigences au roi de Bahreïn, Hamad bin Issa Khalifa, qui a ouvert un dialogue national samedi quelques heures après le retrait de l’armée et de la police de la place de la Perle, à Manama, lieu symbolique de la contestation.
Sur ordre du prince héritier Salman bin Hamad al Khalifa, la police a pris la relève de l’armée qui avait pris le contrôle de la place jeudi après une opération musclée menée par la police anti-émeutes qui a fait quatre morts et 231 blessés.
Les policiers ont finalement quitté les lieux laissant la place aux manifestants qui ont explosé de joie et lancé des cris de victoire. Des milliers de protestataires ont passé la nuit de samedi à dimanche dans des tentes dressées sur la place avant le début des discussions entre l’opposition et le prince héritier.
L’opposition avait exigé que l’armée retourne dans ses casernes avant d’envisager toutes discussions avec le pouvoir.
"Tous les partis politiques du pays méritent d’avoir une place à la table" des discussions, a déclaré le prince héritier sur CNN, précisant avoir été chargé par le roi de présider les discussions et d’établir un lien de confiance entre toutes les parties.
"Je pense qu’il y a beaucoup de colère, beaucoup de tristesse et sur ce point, je souhaiterais présenter mes condoléances à toutes les familles qui ont perdu des êtres chers et à tous ceux qui ont été blessés. Nous sommes vraiment désolés, il s’agit d’une tragédie terrible pour le pays", a-t-il ajouté.
Les manifestants seront "formellement" autorisés à rester sur la place de la Perle, a-t-il assuré.
Les protestataires, pour la plupart chiites, réclament des réformes politiques et sociales dans le royaume dirigé par la famille sunnite des Khalifa.
Ils exigent également la libération des prisonniers politiques, la démission du gouvernement et des discussions sur une nouvelle constitution, a indiqué à Reuters une source de l’opposition.
Ces demandes devraient être présentées au prince héritier considéré comme un réformiste, a ajouté cette même source.
"Les deux principaux interlocuteurs sont le Cheikh Ali Salman et Ibrahim Sharif", a-t-elle indiqué. Le Cheikh Ali est le secrétaire général du principal bloc chiite Wefak. Sharif dirige le groupe laïc Waas qui n’a remporté aucun siège au parlement.
Samedi, le prince héritier avait laissé entendre que la vague de contestation était la conséquence du manque de prise en compte des exigences des chiites.
"Il y a peut-être somme toute un sentiment que les principales demandes n’ont pas été entendues. Nous souhaitons corriger cette situation et prévenir toute répétition (du scénario)", a-t-il déclaré à la chaîne de télévision Al Arabia.
En 1999, le roi a promulgué une constitution autorisant l’élection d’un parlement doté de certains pouvoirs mais la famille royale domine toujours un cabinet dirigé par l’oncle du roi qui gouverne depuis 40 ans.
Les musulmans chiites de Bahreïn, qui représentent 70% de la population, s’estiment discriminés en matière d’emploi, de services sociaux, des services publics et de logement.
"Les manifestants de la place de la Perle représentent une part significative de notre société et de notre croyance politique", a déclaré le prince héritier sur CNN. "Ce n’est pas l’Egypte, ce n’est pas la Tunisie. Et ce que nous ne voulons pas (...) c’est tomber dans des guerres de milices ou dans le sectarisme."
L’Arabie saoudite, qui redoute notamment une propagation des manifestations dans sa minorité chiite, regroupée dans l’est du pays, a appelé les Bahreïnis à "agir avec raison et à accepter les propositions du gouvernement de Bahreïn qui souhaite protéger la stabilité et la sécurité", dans un communiqué officiel diffusé par un média saoudien.
Le Premier ministre de Bahreïn, le Cheikh Khalifa bin Salman Al Khalifa, pourrait être provisoirement remplacé par le prince héritier, a indiqué la source proche de l’opposition.

(Dimanche, 20 février 2011 - Avec les agences de presse)

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