Al-Oufok

Site du Mouvement Démocratique Arabe

Accueil > Bahreïn > L’opposition de retour place de la Perle à Manama au Bahreïn

L’opposition de retour place de la Perle à Manama au Bahreïn

samedi 19 février 2011, par La Rédaction

Des milliers d’opposants bahreïnis en liesse se sont rassemblés samedi sur la place de la Perle à Manama, lieu symbolique de la contestation abandonné brusquement à la foule par les forces de sécurité.
Plusieurs cortèges de manifestants avaient convergé dans la journée vers la place où la police venait, sur ordre du prince héritier, de relever l’armée qui en avait pris le contrôle en milieu de semaine lors d’une sanglante intervention.
Après un bref face à face entre manifestants et policiers, ces derniers ont quitté les lieux en toute hâte à bord de leurs fourgons, laissant la place aux manifestants qui ont laissé éclater leur joie, agitant des drapeaux nationaux, lançant des cris de victoire, certains embrassant le sol et se mettant à prier.
"Nous n’avons plus peur de la mort. Si l’armée revient et nous tue, alors le monde entier saura que ce sont des sauvages", déclare Oumm Mohammed, une enseignante portant l’abaya traditionnelle de couleur noire.
En milieu de journée, soldats et véhicules blindés avaient quitté la place, quelques heures après un appel au dialogue lancé par le roi Hamad Ibn Issa al Khalifa.
Les forces de sécurité avaient chassé les manifestants et occupé la place dans la nuit de mercredi à jeudi, faisant quatre morts et 231 blessés.
L’opposition exigeant que l’armée retourne dans ses casernes avant d’envisager toute discussion avec le pouvoir, le prince héritier, le cheikh Salman ibn Hamad al Khalifa, avait annoncé samedi matin que les militaires avaient reçu l’ordre de regagner leurs casernes et que la police allait se charger du maintien de l’ordre.
Le prince, numéro deux des forces armées, a par ailleurs souhaité une journée de deuil national "pour les fils que nous avons perdus" et a lancé un appel au calme.
"Notre devoir est de préserver la sécurité et la stabilité du pays, de combattre la discorde et d’empêcher que les choses empirent", a-t-il dit.
Le retrait des forces de sécurité de la place de la Perle et le retour de l’armée dans ses cantonnements ont été prudemment salués par l’opposition.
"C’est un pas positif, ils essaient de calmer les tensions mais je ne sais pas si cela suffira", a dit à Reuters un membre du Wefak, la principale formation politique chiite du royaume qui a quitté le Parlement jeudi pour dénoncer la répression.
Ibrahim Mattar, un autre membre du Wefak, a souligné que le roi devait accepter le principe d’une monarchie constitutionnelle et former un gouvernement provisoire excluant les actuels ministres de l’Intérieur et de la Défense.
Il a également demandé le départ de l’oncle du roi, le cheikh Khalifa ibn Salman al Khalifa, Premier ministre depuis l’indépendance en 1971.
"Ce n’est pas en tant que chiites que nous voulons discuter, même si le gouvernement veut nous cantonner dans ce cadre. Le dialogue doit concerner tous les gens qui protestent, qu’ils soient libéraux, islamiques ou pas, sunnites ou chiites", a poursuivi Mattar.
Les manifestants, pour la plupart des chiites qui représentent 70% de la population, réclament des réformes politiques et sociales dans le royaume dirigé par la famille sunnite des Khalifa.
Le principal syndicat du pays, le GUBW (General Union of Bahraini Workers), a par ailleurs appelé à la grève à partir de dimanche, selon un membre de la branche aéronautique de la centrale.
Bahreïn est un proche allié de l’Arabie saoudite et des Etats-Unis.
Manama est le port d’attache de la Ve flotte de l’US Navy, en appui à la présence américaine au Moyen-Orient et en Asie centrale, Irak et Afghanistan compris.

(Samedi, 19 février 2011 - Avec les agences de presse)

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
<A href="http://www.aloufok.net/spip.php?article2">http://www.aloufok.net/spip.php?article2