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Les militaires égyptiens annoncent la dissolution du parlement et suspendent la Constitution

dimanche 13 février 2011, par La Rédaction

Le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir en Egypte, a annoncé dimanche la suspension de la Constitution et la dissolution du parlement et esquissé un calendrier de transition dans un horizon de six mois.
Dans un communiqué lu à la télévision publique, les militaires, auxquels Hosni Moubarak a confié les rênes du pays en démissionnant vendredi, annoncent également la formation d’une commission chargée d’amender la constitution et dont les conclusions seront soumises à référendum.
Ils précisent qu’ils resteront au pouvoir pour une durée de six mois ou jusqu’aux prochaines élections législatives et présidentielle.
"Le conseil suprême des forces armées gérera les affaires du pays pour une période temporaire de six mois ou jusqu’au terme d’élections aux chambres haute et basse du parlement et d’une élection présidentielle", soulignent les militaires dans leur communiqué.
Autres décisions annoncées deux jours après le départ de Hosni Moubarak : les deux chambres du Parlement sont dissoutes et une commission est créée pour amender certaines clauses de la constitution.
L’opposition réclame notamment l’abrogation de l’article 76 qui encadre de manière drastique les candidatures à l’élection présidentielle et dont Hosni Moubarak avait lui-même proposé l’annulation dans son ultime discours à la nation, jeudi soir.
Elle souhaite aussi restreindre le nombre de mandats présidentiels, actuellement illimités.
Le conseil militaire ajoute encore que son chef, le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, représentera l’Egypte à l’étranger et réaffirme que l’Egypte reste engagée par ses traités et obligations internationaux.
L’organisme militaire collégial souligne qu’il sera habilité à promulguer des lois durant la période de transition. Il indique que le Premier ministre Ahmed Chafik, nommé par Hosni Moubarak dans les premiers jours de la contestation, restera en fonction jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement.
Ce dernier a précisé que les militaires égyptiens allaient définir le rôle d’Omar Souleimane, nommé vice-président par Moubarak mais dont les fonctions sont devenues incertaines.
En démissionnant, vendredi, le raïs a en effet confié le pouvoir au conseil suprême des forces armées, et le plus grand flou entoure les prérogatives actuelles de Souleimane.
Pour l’opposant Ayman Nour, qui avait osé défier Hosni Moubarak lors de la présidentielle de 2005, ces mesures devraient satisfaire la contestation.
"C’est une victoire pour la révolution", a-t-il dit à l’agence Reuters après l’annonce du conseil militaire.

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Revendications de la "Coalition pour le changement"
Samedi 12 février, la Coalition pour le changement, rassemblant les groupes de l’opposition et de jeunesse à l’origine du soulèvement, a annoncé l’arrêt de l’occupation permanente de la place Tahrir. Tout en appelant les manifestants à y revenir chaque semaine, après la grande prière du vendredi.
Pour la première fois, au cours d’une conférence de presse, la Coalition a également dressé la liste de ses demandes, dont :
. Levée de l’état d’urgence,
. Formation d’un conseil présidentiel et d’un gouvernement d’union nationale,
. Dissolution du Parlement et la mise sur pied d’une commission chargée d’écrire une nouvelle constitution,
. Des réformes garantissant les libertés fondamentales, notamment de la presse et le droit de constituer librement des partis politiques,
. Ouverture d’une enquête sur les accusations de corruption au sein du régime et que les responsables de décès de manifestants soient traduits en justice.

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L’armée tente de disperser les manifestants place Tahrir au Caire, où la circulation automobile reprend
Des échauffourées se sont produites dimanche sur la place Tahrir, dans le centre du Caire, entre militaires et des manifestants refusant de quitter les lieux, emblématiques de la révolte qui a abouti vendredi au départ du président égyptien Hosni Moubarak. Un millier de policiers ont par ailleurs manifesté devant le ministère de l’Intérieur, pour réclamer de meilleurs salaires et conditions de vie.
Dimanche matin, l’armée a commencé à évacuer les tentes sur la gigantesque place, où campaient encore des centaines de manifestants. Des altercations ont éclaté entre militaires et de jeunes manifestants refusant de partir et réclamant des garanties à l’armée qui assure la transition.
Des membres de la police militaire, en béret rouge, ont fait reculer les manifestants vers les trottoirs. Mais au centre de la place, la circulation automobile a repris, pour la première fois depuis le début du soulèvement le 25 janvier.
"Les militaires essaient de faire sortir les gens de la place, mais ils ont refusé, parce qu’ils ont toujours des revendications et qu’ils ne bougeront pas jusqu’à ce qu’elles soient satisfaites", a expliqué un protestataire, Chaouki Mohammad. "Mais les militaires sont des gens très bien, ils ne vont pas faire du mal à la population", a-t-il ajouté.
D’après Ramy Mohammed, cependant, certains militaires ont frappé des manifestants à coups de bâton pour tenter de les déloger. "On scandait des slogans pacifiquement", dit cet homme de 28 ans, sur la place Tahrir depuis le 25 janvier. "Ils voulaient enlever les tentes, mais nous on veut toujours des garanties. Le dernier communiqué de l’armée était vague, et ils ne nous ont pas dit exactement ce qu’ils vont faire". Achraf Ahmed, un autre manifestant, souligne être là "parce que je veux la liberté. Elle n’est pas complète".
Après une nuit de fête pour célébrer le départ de Hosni Moubarak, le grand ménage de la place Tahrir avait commencé samedi matin. Les véhicules calcinés et barricades ont été dégagés, tandis que des dizaines de volontaires, hommes et femmes munis de balais et sacs poubelles, ont nettoyé détritus et gravats.
Par ailleurs, un millier de policiers ont manifesté dimanche devant le ministère de l’Intérieur, pour réclamer de meilleures conditions de vie. Des incidents se sont produits avec des militaires qui tentaient de les disperser. Certains soldats ont tiré des coups de semonce, en l’air, mais se sont par la suite retirés pour éviter des affrontements.
"C’est notre ministère", ont crié des policiers. Nombre d’entre eux affirmaient également ne pas être responsables de la répression qui a tué fin janvier de nombreux manifestants. Débordée par les manifestations, la police avait fini par déserter complètement les rues pendant plusieurs jours.
"Tous les ordres venaient de la hiérarchie, ce n’est pas de notre faute", a plaidé Said Abdel-Rahim, un policier. "C’est vous qui avez fait ces choses inhumaines. On ne vous fait plus confiance", a répliqué un passant. La police est honnie en Egypte, pour sa brutalité et sa corruption durant les années Moubarak. Les manifestants en appelaient pourtant à la solidarité de la population.

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Musée égyptien : vol d’objets de grande valeur, dont une statue de Toutankhamon
Huit pièces de grande valeur, dont une statue représentant Toutankhamon, ont été volées au Musée égyptien du Caire, a annoncé dimanche le patron des antiquités égyptiennes Zahi Hawass.
Parmi les objets volés figurent "une statue en bois recouverte d’or du roi de la XVIIIème dynastie Toutankhamon porté par une déesse" ainsi que la partie supérieure d’une autre statue du même pharaon, a précisé M. Hawass, qui est également secrétaire d’Etat aux Antiquités.
Une statue en calcaire d’Akhénaton portant un plateau d’offrandes, une autre de Néfertiti en train de faire des offrandes et la tête en grès d’une princesse d’Amarna, l’ancienne capitale d’Akhénaton, ont aussi été volées.
La statuette d’un scribe d’Amarna, 11 statuettes funéraires de Yuya, un puissant courtisan de la XVIIIème Dynastie et enfin une amulette représentant un scarabée et appartenant à Yuya ont également disparu.
Ces vols ont été découverts pendant un inventaire effectué par le personnel du Musée après que des inconnus eurent réussi à pénétrer dans le bâtiment le 28 janvier, profitant du rassemblement de manifestants antigouvernementaux sur la place Tahrir, qui jouxte le musée.
"Malheureusement, ils ont découvert que des objets avaient disparu du Musée", a indiqué M. Hawass.
Une enquête a été lancée pour mettre la main sur les auteurs des vols et retrouver les pièces, a-t-il ajouté, précisant que "l’armée a réussi à arrêter certains des criminels pendant qu’ils essayaient de fuir le 28 janvier".

(Dimanche, 13 février 2011 - Avec les agences de presse)

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
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