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Tunisie - Les députés autorisent le président intérimaire à gouverner par décrets-lois

lundi 7 février 2011, par La Rédaction

Une très large majorité des députés tunisiens ont approuvé, lundi, une loi permettant au président intérimaire de gouverner par décrets-lois et de contourner ainsi leur assemblée dominée par l’ex-parti au pouvoir. Le Sénat (chambre des conseillers) doit encore se prononcer vendredi sur le même texte avant qu’il soit ratifié par le président, Foued Mebazaa, puis publié au Journal officiel.
Sur les 195 députés présents, 177 ont voté pour, 16 contre (des représentants des petits partis d’opposition légaux) et 2 élus du RCD, le Rassemblement constitutionnel démocratique de l’ex-président Ben Ali, se sont abstenus, a indiqué Lazhar Dhifi, le rapporteur de la commission des Affaires sociales et des Droits de l’homme qui a présenté le texte. L’Assemblée nationale compte au total 214 députés.
"Ce projet de loi va permettre au président intérimaire de prendre des décrets-lois, conformément à l’article 28 de la Constitution", a déclaré Mohamed Ghannouchi devant les députés en session plénière au palais du Bardo, le siège du Parlement, pour leur première réunion depuis la chute du président Ben Ali le 14 janvier. "Le temps est précieux. Ces décrets-lois, la Tunisie en a vraiment besoin pour écarter les dangers" qui menacent les acquis de la révolution populaire, a martelé le Premier ministre. "La Tunisie est confrontée à des dangers. Il y a des personnes qui veulent faire revenir la Tunisie en arrière, mais nous devons honorer nos martyrs qui se sont battus pour la liberté", a-t-il insisté.

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Le mouvement Ennahdha se dote de nouvelles structures dirigeantes
Huit jours après le retour de son chef Rached Ghannouchi, après un exil de 23 ans à Londres, le mouvement islamiste tunisien "Ennahdha" a annoncé lundi, lors d’une conférence de presse à Tunis, la constitution de nouvelles structures dirigeantes.
Il s’agit d’un comité constitutif composé de 33 membres, dont quatre femmes, et d’un bureau exécutif de 13 membres, parmi lesquels deux femmes. Ces instances qui regroupent notamment des enseignants universitaires, des médecins, des ingénieurs, des avocats et des journalistes, se substituent au bureau exécutif et du conseil de la Choura (consultatif) mis en place en exil, a précisé à l’Associated Press, Ziad Doulatli, l’un des dirigeants d’Ennahdha.
Selon un document remis aux journalistes, le comité constitutif a "élu au vote secret", dimanche lors d’une réunion, Ali Larayedh à sa présidence et Abdellatif Mekki, président de la commission chargée de préparer le congrès du mouvement.
Il a ensuite procédé à l’élection des membres du nouveau bureau exécutif dont chacun sera chargé ultérieurement de dossiers précis allant du développement des régions déshéritées, aux affaires de la femme, en passant par les études et la planification, la réhabilitation et la récupération des biens spoliés, ou celui devant revendiquer "équité, vérité et justice".
Rached Ghannouchi demeure le président du mouvement et Hamadi Jebali, son secrétaire général jusqu’à la tenue du congrès qui devrait se tenir dans quatre à six mois, a noté M. Doulatli.

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Des manifestants font un blocus devant le parlement

Des centaines de manifestants ont empêché lundi matin les députés tunisiens d’accéder à l’enceinte parlementaire où ils devaient tenir une séance plénière pour adopter un projet de loi permettant au président par intérim Fouad Mebazzaâ de prendre des décrets-lois en attendant les élections présidentielle et législatives qui devraient avoir lieu dans les six mois à venir.
Selon Rachida Neïfer, enseignante à la faculté des sciences juridiques de Tunis, qui participait au rassemblement, les manifestants considèrent que "la révolution du 14 janvier" qui a conduit à la chute du régime du président Zine El Abidine Ben Ali, "a mis fin à la légitimité de l’institution parlementaire et à tous les autres organes constitutionnels".
Les contestataires, des défenseurs des droits de l’Homme, des universitaires, des avocats et des citoyens ordinaires, réclament l’élection d’une assemblée constituante qui devra être chargée de l’élaboration d’une nouvelle Constitution et de l’adoption des lois nécessaires à la transition, a précisé Mme Neïfer à l’Associated Press.
Selon cette ancienne présidente de l’Association des journalistes tunisiens (AJT), une telle démarche "n’est pas une première en Tunisie où une assemblée constituante avait été mise sur pied dans le même but en mars 1956 sous le régime beylical".

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Retour au calme dans la ville du Kef, plus de 40 blessés dimanche
Plus de 40 personnes ont été blessées dimanche dont un homme grièvement brûlé lors de l’incendie du siège de la police, dans la ville du Kef, a-t-on appris lundi de source hospitalière dans cette ville du nord-ouest de la Tunisie.
"Il y a plus de 40 blessés, dont un homme grièvement brûlé qui a été transféré à l’hôpital de Ben Arous (spécialisé dans les soins aux grands brûlés) à Tunis", a déclaré à l’AFP une source hospitalière jointe à l’hôpital régional du Kef.
"Presque tous les autres blessés ont été admis pour des cas d’asphyxies légères et des difficultés respiratoires. Il y a aussi quelques cas de fractures. Ils ont tous pu quitter l’hôpital dimanche soir", a ajouté cette source. La plupart avaient été blessés lors de l’incendie du siège local de la police par des bandes de jeunes pillards.
Lundi matin, la situation était "calme" au Kef, où l’armée est toujours déployée aux carrefours stratégiques de la ville et devant les principaux bâtiments publics, a déclaré à l’AFP Raouf Hadaoui, un syndicaliste joint par téléphone depuis Tunis.
L’activité n’avait toutefois pas repris, les écoles et de nombreux commerces étaient encore fermés vers 10H00 (09H00 GMT). Tout le week-end, cette ville d’environ 50.000 habitants a été secouée par de violents affrontements et la proie de pillards.
L’immeuble de la police avait déjà été en partie incendié samedi par des manifestants qui exigeaient le départ du chef de la police locale, accusé d’abus de pouvoir. Dimanche, le bâtiment a été à nouveau pris pour cible, cette fois par des bandes de jeunes qui se sont ensuite livrés à des pillages à travers la ville, selon des témoins et des sources syndicales.
Les heurts de samedi ont fait deux morts, selon le ministère de l’Intérieur, qui a démenti le bilan de quatre morts donné de sources syndicales.
Les deux jeunes hommes, abattus par le chef local de la police qui a été arrêté dès samedi soir, ont été enterrés dimanche au Kef, selon des témoins.

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Le gouvernement tunisien suspend les activités du RCD, parti de Ben Ali

Le ministre tunisien de l’Intérieur, Fahrat Rajhi, a annoncé dimanche la suspension des activités du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti qui monopolisait la vie politique sous l’ancien régime de Zine Ben Ali. L’ex-dictateur a été chassé du pouvoir le 14 janvier, après quatre semaines de révolte populaire, et s’est réfugié à Djeddah, en Arabie saoudite. La suspension des activités du RCD survient après une série d’incidents violents qui, selon des responsables de la sécurité, entrent dans le cadre d’une conspiration de personnalités proches de Ben Ali visant à répandre le chaos et à reprendre le pouvoir.
"Le ministre de l’Intérieur a décidé de suspendre toutes les activités et toutes les réunions du RCD (ancien parti au pouvoir) et de fermer tous ses bureaux en attendant une décision judiciaire sur sa dissolution", a dit une source proche du ministère. Cette décision a été prise "par nécessité extrême et afin de prévenir un effondrement de la sécurité générale et de protéger les intérêts supérieurs du pays", a ajouté cette source sous le sceau de l’anonymat.
Depuis le départ de Ben Ali, la stabilité s’est progressivement rétablie dans le pays, mais de nouvelles flambées de violence ont été enregistrées ces derniers jours. De nouveaux troubles ont éclaté dimanche à El Kef, dans le nord du pays, où, samedi, la police avait ouvert le feu pour disperser une manifestation et deux personnes avaient été tuées par balle.
Dimanche, des jeunes gens ont mis le feu à un commissariat de police d’El Kef et ont tenté de se rendre à la prison locale, mais l’armée est intervenue pour les en empêcher, rapporte l’agence TAP. L’agence précise aussi qu’à Gafsa, dans le centre de la Tunisie, des soldats ont dû évacuer à bord d’un véhicule militaire le gouverneur régional récemment nommé dont les bureaux étaient assiégés par des manifestants. Les manifestations contre les nouveaux gouverneurs régionaux risquent d’embarrasser le gouvernement parce qu’ils ont été nommés sous la pression de la population qui réclamait le remplacement des proches de Ben Ali.
Selon une source au ministère de l’Intérieur, un jeune homme est mort à Kebili, à 400 kilomètres au sud de Tunis, après avoir été atteint par une grenade lacrymogène lors d’une manifestation contre la nomination d’un nouveau gouverneur régional. Par ailleurs, une manifestation avait éclaté vendredi à Sidi Bouzid après la mort de deux hommes détenus dans un commissariat de police où s’était déclaré un incendie. Deux policiers ont par la suite été arrêtés dans le cadre de cette affaire.

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Michèle Alliot-Marie : "Je ne monterai plus dans un avion privé"
Michèle Alliot-Marie, mise en cause pour ses vacances en Tunisie, s’est engagée à ne plus remonter dans un avion privé tant qu’elle sera ministre, dans une interview diffusée lundi par Europe 1. La ministre des Affaires étrangères a observé, concernant son voyage, qu’il n’a rien coûté "ni au budget tunisien ni au budget français. Ce n’était pas de l’argent public". Par ailleurs, cet ami tunisien qui l’a transportée à bord d’un appareil privé est "une personne qui ne m’a jamais rien demandé. C’est simplement une relation désintéressée et amicale".
Mais, a poursuivi Michèle Alliot-Marie, "je vois, je constate que ça choque" et donc "il n’est pas question que je remonte dans un avion privé, quelles que soient les circonstances, tant que je serai ministre". "Depuis vingt ans, j’ai vraiment essayé de tout faire", de "payer mes déplacements, tout ce qui est privé", a plaidé la ministre.
Mais pendant sa villégiature de Noël, "sur cette séquence, en l’espace de cinq jours, est-ce que c’est parce que j’étais claquée et, me retrouvant dans un cadre amical, je me suis effectivement détendue et j’ai vu uniquement les relations amicales, oui, c’est possible, et je le regrette profondément", a poursuivi la ministre. "Je ne suis pas une spécialiste de la communication, tout le monde le sait", a également affirmé la chef de la diplomatie française. Elle a assuré s’être exprimée dans les médias sur cette affaire "simplement avec (sa) bonne foi" et dénoncé "les mensonges et les contre-vérités qui ont été formulés" à son encontre.
Interrogée lundi dans Le Parisien-Aujourd’hui en France sur ceux qui demandent sa démission, comme le président du groupe PS à l’Assemblée Jean-Marc Ayrault, elle affirme : "Je réponds aux questions, pas aux insultes." Cela ne la "détourne" pas de sa "mission". "Chacun connaît ma rigueur et mon éthique. Moi, je me refuse à mettre en accusation les responsables politiques de gauche qui ont pris régulièrement des vacances en Tunisie pendant que Ben Ali était président", lance-t-elle aussi.
Depuis plus d’une semaine, Michèle Alliot-Marie doit faire face à de nombreuses critiques et des appels à sa démission pour avoir utilisé par deux fois, durant ses vacances de Noël en Tunisie, l’avion d’un de ses amis tunisiens et homme d’affaires Aziz Miled, présenté comme un proche du beau-frère du président déchu, alors que la révolution de jasmin avait débuté.

(Lundi, 07 février 2011 - Avec les agences de presse)

<FONT color=#ff0000 face=Arial>Pétition
Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
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