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Algérie : levée de l’état d’urgence "dans un très proche avenir", annonce Bouteflika

jeudi 3 février 2011, par La Rédaction

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a annoncé jeudi la levée de l’état d’urgence, en vigueur depuis 19 ans, "dans un très proche avenir". Le président a fait cette annonce, citée par l’agence APS, durant le conseil des ministres et alors que les appels de l’opposition et de représentants de la société civile se multiplient en faveur de la levée de cette mesure. Pour Abdelaziz Bouteflika, l’état d’urgence "n’a, à aucun moment, entravé une activité politique pluraliste des plus riches ni contrarié le déroulement de campagnes électorales intenses, de l’avis même des observateurs qui les ont suivies".
Le président a également souligné que l’état d’urgence avait été instauré "pour les seuls besoins de la lutte antiterroriste et c’est cette raison uniquement qui en a dicté le maintien sur une base légale". L’Algérie a vécu, dans les années 1990, une décennie de violences islamistes qui ont fait des dizaines de milliers de morts. Il a indiqué qu’il chargeait le gouvernement de "s’atteler, sans délai, à l’élaboration de textes appropriés" pour permettre la poursuite de la lutte antiterroriste.
S’exprimant plus particulièrement sur les manifestations, Abdelaziz Bouteflika a indiqué que, hormis dans la wilaya (préfecture) d’Alger, elles étaient autorisées ailleurs. "Rien ne l’entrave dans toutes les autres wilayas, pour autant que les demandes et les conditions exigées par la loi soient réunies", a-t-il déclaré sans détailler ces conditions. "Certes, la capitale fait exception dans ce domaine pour des raisons d’ordre public bien connues et certainement pas pour y empêcher une quelconque expression", a-t-il relevé. L’interdiction a été décrétée après une marche tragique, le 14 juin 2001, de Kabyles qui avait fait huit morts.
Une manifestation de la toute nouvelle Coordination de forces d’opposition et de la société civile est prévue le 12 février à Alger, mais elle a d’ores et déjà été interdite. Les organisateurs, qui la maintiennent, exigent notamment la levée de l’état d’urgence. Une manifestation organisée le 22 janvier par le Rassemblement pour la culture et la démocratie (opposition) avait été interdite. Les militants qui voulaient s’y rendre avaient été bloqués devant le siège du parti par d’importantes forces de sécurité qui quadrillaient toute la ville et ses entrées. Vingt et un députés de plusieurs formations politiques avaient déposé, mardi, un projet de loi devant l’Assemblée populaire nationale pour la levée de l’état d’urgence. Ils estiment que l’amélioration de la situation sécuritaire "enlève tout argument pratique au maintien de cet état de fait", selon l’APS.

(Jeudi, 03 février 2011 - Avec les agences de presse)

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