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Des partisans de Moubarak chargent les manifestants au Caire

mercredi 2 février 2011, par La Rédaction

Photo : Supporters of President Hosni Mubarak, including some riding horses and camels and wielding whips, cross a bridge over the river Nile as they march towards anti-Mubarak protesters in Cairo, Egypt, Wednesday, Feb. 2, 2011.
(AP Photo/Amr Nabil)

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De violents affrontements ont opposé mercredi partisans et adversaires du président égyptien Hosni Moubarak sur la place al Tahrir, dans le centre du Caire, malgré l’appel de l’armée à la fin des manifestations.
L’annonce mardi soir par le "raïs" qu’il ne briguerait pas un septième mandat présidentiel en septembre mais voulait garder les rênes du pouvoir jusque-là pour assurer la transition n’a pas suffi à désarmer les manifestants, qui se sont rassemblés dès le matin dans le centre de la capitale.
Les appels se sont multipliés à travers le monde, venant notamment des Etats-Unis, d’Europe et de Turquie, pour inciter le président égyptien à lancer sans attendre le processus de transition politique afin d’éviter de nouvelles violences et de garantir la stabilité du pays. Le ministère égyptien des Affaires étrangères a rejeté ces appels qui ne peuvent, selon lui, qu’"envenimer la situation".
La tension a franchi une nouvelle étape avec l’entrée en scène des partisans du président. Montés sur des chevaux et des chameaux, armés de fouets, de bâtons et de pierres, une cinquantaine d’entre eux ont chargé en milieu de journée les manifestants antigouvernementaux sur la place al Tahrir.
Selon la chaîne de télévision Al Djazira, des soldats ont tiré en l’air pour tenter de disperser les groupes rivaux, mais l’armée a démenti cette information. Un journaliste de Reuters a vu des hommes en civil tirer en l’air. Des cocktails Molotov ont été lancés et ont provoqué des débuts d’incendie.
De source médicale, on parle de 400 blessés. Un reporter de Reuters a vu des dizaines de personnes le visage en sang à la suite des échauffourées. Sous la pression de leurs adversaires, de nombreux opposants ont fui cette place de la Libération, leur lieu de rassemblement emblématique depuis le 25 janvier.
Certains affirment que des policiers en civil étaient mêlés aux partisans de Moubarak, ce qu’a démenti le ministère de l’Intérieur.
Environ 1.500 partisans de l’opposition, moins que les jours précédents, s’étaient rassemblés dans la matinée sur la place pour exiger le départ immédiat de Hosni Moubarak, 82 ans, au pouvoir depuis près de trente ans.
Plusieurs centaines de leurs amis venus du nord de la ville avaient tenté de venir en renfort mais ils ont été repoussés par les partisans de Moubarak, dont certains sont montés sur des véhicules de l’armée pour leur lancer des pierres.
L’opposant et ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Mohamed El Baradeï, a affirmé avoir des preuves que des policiers en civil étaient impliqués dans les affrontements.
Il a souhaité que l’armée sorte de sa neutralité et a dit s’attendre à ce qu’elle intervienne "dans la journée" pour "protéger les Egyptiens", selon Al Djazira. Il a dit espérer que Moubarak s’en irait "avant vendredi", jour de grande prière où l’opposition veut organiser des rassemblements massifs.
Le couvre-feu a été allégé et court désormais de cinq heures du soir à sept heures du matin, au lieu de trois heures de l’après-midi à huit heures du matin, et internet a commencé à être rétabli au Caire et dans d’autres villes comme Alexandrie.
Malgré ces mesures d’apaisement, l’opposition continue à exiger le départ immédiat de Moubarak et a redit qu’elle ne voulait dialoguer qu’avec le vice-président Omar Souleimane.
Mardi, des manifestations ont rassemblé plus d’un million de personnes à travers le pays. Cette journée de mobilisation, après une semaine de manifestations qui ont fait 300 morts et plus de 3.000 blessés selon l’Onu, a confirmé l’ampleur d’un mouvement qui ne cesse de se renforcer.
L’armée a demandé la fin des manifestations. "Les forces armées vous lancent un appel (...) Vous êtes descendus dans la rue pour faire entendre vos exigences et vous seuls êtes en mesure de permettre le retour à la vie normale", a déclaré mercredi matin à la télévision un de ses porte-parole, ajoutant que les demandes des manifestants avaient été entendues.
L’armée avait jugé "légitimes" lundi les revendications de la population et fait savoir qu’elle ne tirerait pas sur la foule.
Face à la contestation croissante, le président américain Barack Obama est intervenu directement dans la crise, estimant que le changement politique devait débuter immédiatement en Egypte. Il a prononcé une brève allocution à la Maison blanche mardi soir après un entretien téléphonique d’une demi-heure avec Hosni Moubarak.
"Ce qui est clair et ce que j’ai indiqué au président Moubarak est que mon sentiment est que la transition politique doit être profonde, qu’elle doit être pacifique et qu’elle doit commencer maintenant", a dit Barack Obama, qui a demandé à l’armée égyptienne de garder son attitude de neutralité.
Le président français Nicolas Sarkozy, comme d’autres dirigeants européens, a lui aussi exhorté Hosni Moubarak à engager "sans tarder" un processus de transition "concret" et sans violence. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a tenu le même langage.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s’est dit "profondément préoccupé" par la violence en Egypte et a jugé inacceptables les attaques contre des manifestants pacifiques. Il a appelé toutes les parties à la retenue.

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L’armée égyptienne dit n’avoir pas tiré place Al Tahrir

L’armée égyptienne a démenti avoir tiré sur des manifestants sur la place Tahrir, dans le centre du Caire, où des manifestants pro- et anti-gouvernementaux se sont affrontés mercredi, ont rapporté des médias et le ministère de la Défense.
"L’armée dément avoir tiré le moindre coup de feu sur des protestataires", dit un communiqué du ministère de la Défense lu à Reuters par un fonctionnaire du ministère. Il ajoute que quelques grenades fumigènes ont été tirées près de l’ambassade des Etats-Unis afin de disperser la foule.
L’ambassade américaine au Caire est proche de la place Al Tahrir.
"Aucun membre de l’armée n’a participé à la manifestation", a par ailleurs assuré le fonctionnaire, rejetant des allégations faisant état de la participation de soldats.
Un correspondant d’Al Djazira avait auparavant déclaré que l’armée avait tiré en l’air. Un journaliste de Reuters a lui aussi entendu des coups de feu, sans pouvoir déterminer leur provenance.

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Ban Ki-moon appelle tout le monde à la retenue

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s’est dit mercredi "profondément préoccupé" par la violence en Egypte et il a jugé inacceptables les attaques contre des manifestants pacifiques.
"Je suis profondément préoccupé par la persistance des violences en Egypte. Une nouvelle fois, j’appelle toutes les parties à la retenue", a-t-il dit après une rencontre à Londres avec le Premier ministre britannique, David Cameron.
Des affrontements ont opposé mercredi au Caire des partisans d’Hosni Moubarak et des manifestants hostiles au président égyptien. Ces derniers ont accusé des forces fidèles à Hosni Moubarak de tenter de saper par la force le mouvement de contestation contre le régime.
"Les attaques contre des manifestants pacifiques sont inacceptables et je les condamne fermement", a ajouté Ban Ki-moon.
"Il est important à ce stade de garantir une transition ordonnée et pacifique. J’exhorte toutes les parties à s’engager dans un tel dialogue (...) sans délai", a poursuivi le secrétaire général de l’Onu, ajoutant que son organisation se tenait prête à soutenir un processus de réformes en Egypte et dans d’autres pays arabes.
Ban a souligné que l’Onu n’avait eu de cesse au cours de la décennie écoulée de réclamer des changements dans le monde arabe.
"Nous ne devrions pas sous-estimer la menace d’une instabilité au Proche-Orient", a-t-il dit.

(Mercredi, 02 février 2011 - Avec les agences de presse)

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