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Mohamed El Baradei promet "une ère nouvelle" aux Égyptiens

dimanche 30 janvier 2011, par La Rédaction

Mohamed El Baradei, désigné dimanche par l’opposition égyptienne pour "négocier" avec le régime du président Hosni Moubarak après six jours de révolte, est allé au-devant des manifestants au Caire en promettant "une ère nouvelle". Malgré les nominations annoncées samedi par le président, et les violences qui ont fait au moins 125 morts et des milliers de blessés depuis mardi, la mobilisation ne semblait pas faiblir. À Washington, la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a plaidé pour "une transition en bon ordre" et estimé que le processus en était "à peine au début", tout en assurant qu’il n’était pas question de suspendre l’aide à l’Égypte, principale alliée des Etats-Unis dans le monde arabe.
L’Égypte est "au début d’une ère nouvelle", a affirmé Mohamed El Baradei dans la soirée, en s’adressant par haut-parleur à des milliers de manifestants réunis place Tahrir, dans le centre de la capitale, malgré le couvre-feu en vigueur au Caire, à Alexandrie et à Suez de 16 heures à 8 heures (15 heures à 7 heures à Paris). "Je vous demande de patienter, le changement arrive", a-t-il déclaré aux manifestants qui scandaient : "Le peuple veut la chute du président." Cernée par les chars, la place Tahrir, la "place de la Libération", dans le centre de la capitale, vit depuis mardi au rythme d’une contestation jamais vue en 30 ans de pouvoir de Moubarak. Sur le sol, les manifestants ont peint en immenses caractères arabes : "Va-t-en, espèce de lâche, agent des Américains."
La chaîne satellitaire al-Jazira, qui fait trembler certains gouvernements arabes par sa couverture des protestations, a été interdite dimanche en Égypte. Dans la matinée, le président a visité le centre opérationnel de l’armée, au lendemain de la nomination d’un vice-président, le premier en 30 ans, Omar Souleimane, et d’un nouveau Premier ministre, Ahmad Chafic. Malgré cette annonce, la Coalition nationale pour le changement, qui regroupe plusieurs formations d’opposition, dont les Frères musulmans, a chargé Mohamed El Baradei, ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), de "négocier avec le pouvoir". Le président de l’Assemblée, Fathi Sorour, a annoncé que les résultats des élections législatives fin 2010 seraient bientôt "corrigés" en fonction de prochaines décisions de justice. Le scrutin avait été boycotté par les principales forces d’opposition, qui avaient dénoncé des fraudes massives.
Dans la nuit de samedi à dimanche, des émeutes ont éclaté dans plusieurs prisons. Des milliers de détenus se sont évadés d’une prison à 100 km au nord du Caire, et des dizaines de corps gisaient sur la chaussée près d’une autre prison de l’est de la capitale. Pour tenter de rassurer la population, l’armée a annoncé, dimanche, l’arrestation de plus de 3.000 évadés et de fauteurs de troubles. Le mouvement a en partie paralysé le pays : de nombreux distributeurs de billets étaient vides, les banques et la Bourse, qui a enregistré de fortes baisses mercredi et jeudi avant le congé hebdomadaire, sont restées fermées.
Après de nombreux pillages au Caire, l’armée semblait plus présente et plus ferme dimanche dans les rues. Des comités de citoyens armés de fusils, de gourdins ou de barres de fer patrouillaient dans les quartiers de cette métropole de vingt millions d’habitants, alors que la police a disparu des rues. La révolte qui a commencé le 25 janvier, onze jours après la fuite de l’ex-président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali sous la pression de la rue, continuait à susciter l’inquiétude. L’ambassade des États-Unis au Caire a annoncé qu’elle se préparait à évacuer ses ressortissants à partir de lundi. De nombreux voyagistes ont suspendu les départs des vacanciers, au plus fort de la saison touristique. L’Arabie saoudite, la Libye, le Liban, l’Inde, la Grèce, la Turquie, l’Irak et l’Azerbaïdjan, dont un citoyen, employé de l’ambassade, a été tué samedi au Caire, ont dépêché des avions pour assurer le rapatriement de leurs ressortissants.
À l’aéroport du Caire, des hordes de touristes, d’expatriés et d’Égyptiens angoissés ont pris d’assaut les guichets de départ, dans une grande confusion, pour essayer de quitter le pays. En Israël, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a affirmé que son pays voulait préserver la paix avec l’Égypte, seul pays arabe avec la Jordanie à avoir signé un traité de paix avec l’État hébreu. Le mouvement Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a annoncé la fermeture du terminal de Rafah, à la frontière avec l’Égypte, provoquant des craintes de pénuries dans le territoire palestinien. Au Soudan, des milliers d’étudiants ont bravé les forces de sécurité pour répondre à un appel à manifester sur le modèle de l’Égypte. Et des manifestations de soutien au mouvement ont eu lieu devant plusieurs ambassades d’Égypte, rassemblant, par exemple, 100 personnes à Amman et 200 à Beyrouth.

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El Baradei "Moubarak doit partir sans délai"

L’opposant égyptien Mohamed El Baradei a déclaré dimanche qu’Hosni Moubarak devait quitter le pouvoir "aujourd’hui" pour laisser place à un gouvernement d’unité nationale. "Chacun en Égypte le dit de manière forte et claire : Moubarak doit partir aujourd’hui", a dit l’ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans une interview accordée à la chaîne CNN. "Il doit partir aujourd’hui (...) et faire place à une transition en douceur vers un gouvernement d’unité nationale qui sera suivie par toutes les mesures nécessaires pour une élection libre et équitable", a-t-il insisté.
El Baradei a ajouté qu’il disposait d’un mandat populaire et politique pour négocier la formation d’un tel gouvernement. "J’ai été autorisé - mandaté - par le peuple qui a organisé ces manifestations et beaucoup d’autres parties afin de convenir d’un gouvernement d’unité nationale", a-t-il dit à CNN. "J’espère entrer bientôt en contact avec l’armée, il faut que nous collaborions. L’armée fait partie de l’Égypte." Un peu plus tôt, un dirigeant de la confrérie islamiste des Frères musulmans avait annoncé que des forces d’opposition s’étaient mises d’accord pour appuyer El Baradei afin qu’il négocie avec le gouvernement du Caire.
El Baradei a regagné l’Égypte jeudi à la veille des manifestations sans précédent qui ont déstabilisé Moubarak. Samedi, il a exigé le départ du président en qualifiant son régime de "dictatorial" et a proposé ses services dans le cadre d’un gouvernement intérimaire. Dans la soirée, il s’est joint aux manifestants rassemblés sur la place Tahrir du Caire, qui est au coeur du mouvement de protestation contre Moubarak. "Le peuple veut la chute du régime", scandaient les manifestants à son arrivée sur la place, où il a serré de nombreuses mains mais n’a fait aucune déclaration à la presse.

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Hosni Moubarak consulte l’armée face à la pression de la rue

Face à une contestation sans précédent de son régime, le président Hosni Moubarak a rencontré dimanche les chefs de l’armée, qui semble détenir les clés de l’avenir de l’Egypte, tandis que des manifestants défiaient une nouvelle fois en masse le couvre-feu décrété dans le pays.
Réclamant le départ immédiat de Moubarak, Mohamed ElBaradeï s’est dit quant à lui mandaté par l’opposition pour négocier une transition vers un gouvernement d’union nationale et a rejoint les milliers de manifestants rassemblés dans le centre du Caire, que survolaient hélicoptères et avions de chasse.
A Washington, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a réclamé une "transition ordonnée" avec des élections libres et équitables dans le pays le plus peuplé du monde arabe, allié stratégique de Washington au Proche-Orient.
Le soulèvement qui se poursuit depuis six jours affaiblit d’heure en heure le raïs, aussi le soutien de la haute hiérarchie militaire est-il crucial au moment où s’écroulent les autres piliers de son appareil politique.
Alors que des milliers d’habitants se massaient dans les rues sans être inquiétés par les soldats déployés dans leurs chars, l’opposition commence à se regrouper, notamment derrière ElBaradeï, lauréat du prix Nobel de la paix et ex-directeur général de l’AIEA.
"Moubarak doit partir aujourd’hui (...) et faire place à une transition en douceur vers un gouvernement d’unité nationale", a-t-il dit à CNN avant de se rendre sur la place Tahrir du Caire, centre du mouvement de protestation où se trouvaient dimanche soir près de 10.000 personnes dénonçant la pauvreté, la répression, le chômage et le corruption.
"Vous avez reconquis vos droits et ce que nous avons commencé est sans retour", leur a-t-il lancé.
Un peu plus tôt, un dirigeant de la confrérie islamiste des Frères musulmans avait annoncé que des forces d’opposition s’étaient mises d’accord pour l’appuyer afin qu’il négocie avec le gouvernement du Caire.
Les Frères musulmans sont jusqu’ici restés à l’arrière-plan bien que plusieurs de leurs dirigeants aient été arrêtés en se voyant accuser d’exploiter l’agitation ambiante.
Sur Fox News, Clinton a déclaré : "Nous comptons sur une transition ordonnée pour que personne ne vienne combler un vide, pour qu’il n’y ait pas de vide (...) Nous ne voulons pas non plus d’une relève qui ne conduirait pas à la démocratie mais à l’oppression et à la fin des aspirations du peuple égyptien."
Alors que l’heure du couvre-feu sonnait sans être plus respectée que la veille, avions de combat et hélicoptères ont survolé la place. En fin d’après-midi, de nouveaux camions militaires sont arrivés dans le secteur, mais aucun n’est intervenu contre des manifestants.
"Hosni Moubarak, Omar Souleimane, vous êtes tous les deux des agents des Américains", criaient des manifestants faisant allusion à la nomination la veille de Souleimane, chef des renseignements, au poste de vice-président qui était vacant depuis l’arrivée de Moubarak au pouvoir en 1981.
Le président égyptien a eu des entretiens avec Souleimane, le ministre de la Défense Mohamed Hussein Tantaoui, le chef d’état-major Sami al Anan et d’autres responsables militaires.
De toute évidence, ceux qui se trouvaient sur la place Tahrir ne souhaitent pas voir remplacer l’appareil politique de Moubarak par un dispositif militaire comprenant ses plus proches alliés. "Moubarak, Moubarak, l’avion attend", scandaient-ils. Un grand rassemblement s’est aussi tenu à Alexandrie.
Les manifestations égyptiennes, dans lesquelles plus de 100 personnes ont trouvé la mort depuis mardi, affectent d’autres pays du Moyen-Orient dont les dirigeants peuvent redouter des défis analogues, et inquiètent les alliés de l’Egypte en Occident.
La réaction de l’armée égyptienne à la crise demeure ambivalente. Des soldats protègent les installations clés mais ne tentent pas de faire appliquer le couvre-feu par la force, et on les voit souvent fraterniser avec des manifestants.
Reste à savoir si les militaires maintiendront au pouvoir le raïs âgé de 82 ans, ou s’ils le sacrifieront aux intérêts nationaux de l’Egypte - et aux leurs.
On ne sait pas si Moubarak a décidé de consulter les généraux ou si ces derniers l’ont convoqué. En Tunisie, ce sont des généraux qui ont persuadé il y a deux semaines l’ex-président Zine Ben Ali de fuir le pays après des semaines de manifestations.
La crise s’est accentuée dimanche, la population se trouvant en butte à l’anarchie dans certains secteurs. La police ayant disparu, des groupes de citoyens munis de bâtons, de chaînes et de couteaux se sont organisés pour empêcher les pillages.
Des représentants de la sécurité ont fait savoir que la police serait de retour dans les rues lundi.
On a pu observer des scènes quelque peu surréalistes où des soldats se tenaient près de chars couverts de graffiti et de slogans comme "A bas Moubarak. A bas le despote. A bas le traître. Le pharaon hors d’Egypte. Ça suffit". Interrogé à ce propos, un soldat a répondu : "Ce sont des mots écrits par les gens. C’est le point de vue des gens."
Notant que l’armée semblait faire preuve de retenue, Clinton a dit que Washington n’envisageait pas de suspendre son aide à l’Egypte.
Le gouvernement égyptien a ordonné l’arrêt des activités de la chaîne Al Djazira sur son territoire. Il avait précédemment interrompu les communications par internet et les réseaux de téléphonie mobile pour réduire les capacités de mobilisation de la contestation.
Etats-Unis et Turquie ont engagé des préparatifs pour rapatrier leurs ressortissants d’Egypte, tandis que d’autres gouvernements recommandent aux leurs de quitter le pays ou de différer leurs projets de séjour.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël devait faire preuve de "responsabilité et de retenue" face aux événements d’Egypte, avec l’espoir que la stabilité des liens bilatéraux ne souffre pas de la crise.

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L’opposition charge El Baradei de négocier avec le régime

Les Frères musulmans et d’autres mouvements d’opposition ont chargé dimanche l’opposant Mohamed El Baradei de "négocier" avec le régime du président Hosni Moubarak, alors que les manifestations se poursuivaient au Caire au 6e jour d’une révolte qui ne semble pas faiblir.
Devant les violences qui ont fait au moins 125 morts et des milliers de blessés depuis mardi, les Etats-Unis se préparaient à évacuer leurs ressortissants d’Egypte.
La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, tout en assurant qu’il n’était pas question de suspendre l’aide à l’Egypte, principal allié des Etats-Unis dans le monde arabe, a plaidé pour "une transition en bon ordre" et estimé que le processus en était "à peine au début".
"Moubarak dégage !", scandaient encore des milliers de manifestants dimanche à la mi-journée à Midan Tahrir, la place de la Libération, dans le centre de la capitale qui vit depuis mardi au rythme d’une contestation jamais vue en 30 ans de pouvoir du président Moubarak.
L’armée a bouclé le centre-ville avec des chars d’assaut, et des avions de chasse ont survolé la capitale à basse altitude dans l’après-midi.
Et la chaîne satellitaire Al-Jazira, qui fait trembler certains gouvernements arabes par sa couverture des protestations, a été interdite dimanche en Egypte.
M. Moubarak a visité dans la matinée le centre opérationnel de l’armée, au lendemain de la nomination d’un vice-président, le premier en 30 ans, Omar Souleimane, et d’un nouveau Premier ministre, Ahmad Chafic.
Les Frères musulmans, principale force d’opposition dans le pays, ont cependant rejeté ces deux nominations, dénonçant "une tentative pour contourner les revendications du peuple et pour faire avorter sa révolution".
Peu après, la Coalition nationale pour le changement, qui regroupe plusieurs formations d’opposition, dont les Frères musulmans, ont chargé M. El Baradei, ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), de "négocier avec le pouvoir".
La protestation ne se limitait pas au Caire. Ainsi à Mansoura (delta du Nil), 5.000 manifestants ont afflué vers le siège du gouvernorat, réclamant le départ du président sur des pancartes signées des "Jeunes d’Egypte".
Dans la nuit, des émeutes ont éclaté dans plusieurs prisons. Plusieurs milliers de détenus se sont évadés dans la prison de Wadi Natroun, à 100 km au nord du Caire, selon une source au sein des services de sécurité.
Des dizaines de corps gisaient sur la chaussée près d’une autre prison de l’est du Caire. Un journaliste de l’AFP a vu 14 corps apportés dans une mosquée proche, mais selon les habitants, il y en aurait "beaucoup d’autres".
Le mouvement a en partie paralysé le pays : de nombreux distributeurs de billets étaient vides, les banques et la Bourse, qui a enregistré de fortes baisses mercredi et jeudi avant le congé hebdomadaire, sont restées fermées.
Après de nombreux pillages au Caire, soumis tout comme les grandes villes d’Alexandrie et de Suez au couvre-feu 16H00 à 08H00, l’armée semblait plus présente et plus ferme dimanche dans les rues. Et des comités de quartiers remettaient les pillards aux forces armées.
Dans le chaos ambiant, deux momies de l’époque pharaonique entreposées au Musée égyptien au Caire, ont été endommagées lors d’une tentative de vol.
Cette révolte qui a commencé le 25 janvier, onze jours après la fuite du président de l’ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali sous la pression de la rue, continuait à susciter l’inquiétude. L’ambassade des Etats-Unis au Caire a annoncé qu’elle se préparait à évacuer ses ressortissants à partir de lundi. La Libye et la Turquie ont prévu des avions pour faire de même.
Destination touristique très prisée en cette saison, l’Egypte voyait aussi ses touristes déserter le pays, la plupart des voyagistes ayant choisi d’annuler les départs.
En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que son pays voulait préserver la paix avec l’Egypte, seul pays arabe avec la Jordanie à avoir signé un traité de paix avec l’Etat hébreu.
Le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a annoncé la fermeture du terminal de Rafah, à la frontière avec l’Egypte, au motif que les fonctionnaires égyptiens auraient quitté leur poste.
Au Soudan, des milliers d’étudiants ont bravé les forces de sécurité pour répondre à un appel à manifester sur le modèle de l’Egypte. Et à Damas, une quarantaine de personnalité de l’opposition ont salué les révoltes populaires en Tunisie et en Egypte, affirmant que le peuple syrien aspirait lui aussi "à la justice et à la liberté".

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Israël prône la "retenue" face à la situation en Egypte

Israël doit faire preuve de "responsabilité et de retenue" face à la situation en Egypte, que l’Etat juif observe avec "vigilance", a déclaré dimanche le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
Les autorités israéliennes ne s’étaient pas exprimées jusqu’à présent sur la contestation du régime d’Hosni Moubarak en Egypte, premier pays arabe à signer un traité de paix avec Israël en 1979.
L’agitation en Egypte fait craindre une déstabilisation de l’ensemble de la région.
"Nous suivons avec vigilance les événements en Egypte et dans notre région (...) en ce moment, nous devons faire preuve de responsabilité et de retenue", a déclaré Benjamin Netanyahu à ses ministres.
Le chef du gouvernement israélien a dit s’être entretenu avec le président américain Barack Obama, avec la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton et avec des responsables israéliens.
Il a invité ses ministres à s’abstenir de tout commentaire dorénavant.
"Nos efforts sont destinés à préserver la stabilité et la sécurité de notre région", a ajouté Benjamin Netanyahu.
"Je vous rappelle que la paix entre Israël et l’Egypte dure depuis plus de 30 ans", a-t-il poursuivi, en disant vouloir "faire en sorte que ces relations continuent d’exister".
Après l’Egypte, la Jordanie a signé un traité de paix avec Israël en 1994.

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Cafouillage gouvernemental sur l’Égypte

La situation en Égypte a suscité dimanche un cafouillage au sein du gouvernement français, Jeannette Bougrab, secrétaire d’État à la Jeunesse, étant rappelée à l’ordre après avoir appelé au départ du président Hosni Moubarak. "À la suite de ses récentes déclarations sur la situation en Égypte, Jeannette Bougrab tenait à préciser que la position de la France et de son gouvernement a été exprimée par le président de la République et le Premier ministre", déclare la secrétaire d’État à la Jeunesse, qui est d’origine algérienne, dans un communiqué. Selon France Info, elle avait auparavant été convoquée à Matignon pour ses propos tenus samedi. "Il faut, avait-elle déclaré, que le président Moubarak parte. Après 30 ans de pouvoir, il y a une forme d’usure et la transition démocratique doit aussi toucher l’Égypte."

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Des capitales étrangères se préparent à des évacuations au Caire

Les Etats-Unis et la Turquie ont annoncé dimanche que des préparatifs étaient en cours pour évacuer leurs expatriés désireux de quitter l’Egypte tandis que d’autres gouvernements recommandent à leurs ressortissants de quitter le pays ou de différer leurs projets de séjours.
Le département américain d’Etat a parallèlement annoncé une réduction de sa présence diplomatique dans la capitale égyptienne, en proie à une contestation sans précédent du régime d’Hosni Moubarak.
"L’ambassade des Etats-Unis au Caire informe les citoyens américains en Egypte désireux de partir que le département d’Etat est en train de prendre des dispositions pour fournir des moyens de transport jusqu’à des lieux sûrs en Europe", écrit l’ambassade, précisant dans un communiqué que ces évacuations se feront sur une base volontaire.
A Istanbul, l’agence anatolienne de presse rapporte que les autorités ont envoyé dimanche trois avions de la compagnie Turkish Airlines en Egypte pour procéder si nécessaire à l’évacuation de leurs ressortissants.
Un avion est à destination du Caire, les deux autres ont mis le cap sur Alexandrie. Citant des sources diplomatiques à l’ambassade de Turquie en Egypte, l’agence ajoute qu’ils permettront d’évacuer les 750 ressortissants turcs établis en Egypte.
L’Inde a pareillement affrété un avion de la compagnie nationale Air India, qui a décollé à destination du Caire. L’appareil pourra transporter 380 personnes. On estime à 3.600 le nombre des expatriés indiens vivant en Egypte.
La France a lancé des messages de prudence à ses ressortissants. Dans un communiqué publié samedi, le ministère français des Affaires étrangères répertorie 9.376 résidents en Egypte, dont 5.947 au Caire. Il évalue en outre à plusieurs dizaines de milliers le nombre des touristes français actuellement en Égypte.
L’ambassadeur de France devait réunir la communauté française dimanche au lycée français de Maadi, au Caire.
La Grande-Bretagne a également renforcé son niveau d’alerte, mais assure qu’elle ne projette pas pour l’heure d’évacuer une partie de son personnel diplomatique. Le ministère belge des Affaires étrangères a lui aussi déconseillé les déplacements en Egypte mais ne juge pas nécessaire d’évacuer pour l’instant les 750 ressortissants du royaume établis en Egypte.
Au Caire, des témoins rapportent que des entreprises multinationales ont commencé à organiser des rapatriements. Deux cars ont ainsi été vus devant le siège cairote de la compagnie pétrolière italienne ENI pour évacuer les familles d’employés.
Un expatrié de la société italienne explique que sa femme et ses trois enfants vont partir. Lui entend rester. "Dans la journée, ce n’est pas un problème. C’est la nuit qu’on ne sait pas ce qui peut se passer", ajoute-t-il.
Illustration de la dégradation des conditions de sécurité qui règnent dans Le Caire, le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a annoncé qu’un employé de son ambassade, chargé de la comptabilité, a été tué tard samedi soir alors qu’il regagnait son domicile.
Cité samedi par l’agence Interfax, le directeur de l’Agence fédérale russe du tourisme a indiqué pour sa part que les quelque 40.000 touristes russes actuellement présents en Egypte, la plupart dans les stations balnéaires de la mer Rouge, n’envisageraient pas d’écourter leurs séjours.
"Au total, la situation dans les lieux touristiques égyptiens reste calme. Les touristes en profitent normalement. Nous n’avons pour le moment pas d’inquiétude à leur sujet", a ajouté Alexander Radkov.

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L’Egypte se prépare pour un sixième jour de révolte, Al-Jazira interdite

L’Egypte se préparait dimanche matin à une nouvelle journée de révolte qui a fait une centaine de morts en cinq jours, malgré des changements annoncés la veille à la tête du gouvernement.
La chaîne satellitaire Al-Jazira, très critiquée par les autorités pour sa couverture des manifestations, a été interdite en Egypte, a annoncé l’agence officielle égyptienne Mena.
Plusieurs dizaines de personnes convergeaient tôt dimanche vers la place emblématique de Tahrir (libération en arabe) qui a connu depuis mardi des rassemblements de dizaines de milliers de personnes demandant le départ du président Hosni Moubarak, selon un photographe de l’AFP.
Quelque 200 personnes étaient sur place aux premières heures après y avoir passé la nuit.
La presse gouvernementale a changé de ton dimanche parlant de "changement" et s’acharnant notamment sur des figures du milieu des affaires proches du président Moubarak et de son fils Gamal, piliers du régime et hauts responsables de Parti national démocrate (PND) au pouvoir.
La révolte, qui en de nombreux endroits a tourné à l’émeute et dégénéré en de violents affrontements entre police et manifestants, a fait 111 morts et plus de 2.000 blessés, en majorité des civils, selon un bilan de l’AFP basé sur des chiffres de sources au sein des services de sécurité et des sources médicales.
Les manifestations ont paralysé partiellement le pays, de nombreux distributeurs de billets étaient vides, les banques et la Bourse étant toujours fermées après leur congé hebdomadaire, et deux séances clôturant sur une forte baisse mercredi et jeudi.
En outre, les examens dans les universités et les écoles ont été reportés jusqu’à nouvel ordre.
Après de nombreux pillages au Caire, soumis tout comme les grandes villes d’Alexandrie et de Suez au couvre-feu à partir de 16H00 (14H00 GMT), l’armée semblait plus présente et plus ferme dans la rue. Des comités de citoyens organisés dans les quartiers remettaient les pillards aux forces armées.
Des milliers de prisonniers se sont également évadés de plusieurs centres carcéraux à travers le pays, parmi eux des détenus de droit commun, des détenus politiques et des islamistes emprisonnés depuis plusieurs années.
Au plan politique, on attendait l’annonce d’un nouveau gouvernement au lendemain de la nomination par M. Moubarak d’un nouveau Premier ministre, Ahmad Chafic, une personnalité respectée dans les milieux politique y compris au sein de l’opposition, et d’un vice-président, pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir il y a 30 ans, Omar Souleimane, un proche du président.
Parmi les nominations les plus attendues, figure notamment celle pour le portefeuille de l’Intérieur, la police sous le ministre sortant Habib el-Adly -en poste depuis 1998-, étant accusé de tortures et d’abus.
Samedi soir, et malgré le couvre-feu, des milliers de personnes étaient massées dans les rues du Caire et dans d’autres villes après une journée marquée par des heurts meurtriers entre manifestants et forces de sécurité qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de balles caoutchoutées.
L’armée appelée en renfort a, de son côté, demandé à la population de se protéger des pillages. Des comités de quartier, dont les membres sont armés de gourdins et de barres de fer, se sont constitués.
L’opposant le plus en vue, l’ex-chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique et prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, jugeant insuffisantes les nouvelles nominations, a de nouveau appelé M. Moubarak à partir "sans délai pour le bien de l’Egypte".
Le président américain Barack Obama a une nouvelle fois exhorté le régime de M. Moubarak, qui est le principal allié des Etats-Unis dans le monde arabe, à mettre en oeuvre des réformes et à faire preuve de retenue.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé dimanche qu’Israël voulait préserver la paix avec l’Egypte et la stabilité régionale.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé à la "retenue, à la non violence et au respect des droits".

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"Ni Moubarak, ni Souleimane !"

Des dizaines de milliers d’Égyptiens ont bravé le couvre-feu samedi au cinquième jour de leur sanglante révolte sans précédent contre le régime du président Hosni Moubarak, qui a nommé un vice-président, pour la première fois en 29 ans de règne, et changé de Premier ministre. Le mouvement de contestation populaire, entamé mardi et qui ne paraît pas s’essouffler, a fait au moins 102 morts, en majorité des civils, selon des sources de sécurité et médicales. La contestation a également fait des milliers de blessés, selon des sources médicales.
En soirée et malgré le couvre-feu, des milliers de personnes étaient massées dans les rues du Caire et dans d’autres villes après une journée marquée par des heurts meurtriers entre manifestants et forces de sécurité, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de balles caoutchoutées. Peu après minuit, un millier de manifestants occupaient toujours la place de la Libération, dans le centre de la capitale, où des graffitis "Non à Moubarak !" et "La chute de Moubarak !" étaient tracés sur un char, selon des journalistes de l’Agence France-Presse. L’armée appelée en renfort a, de son côté, appelé la population à se protéger des pillages. Des comités de quartier, dont les membres sont armés de gourdins et de barres de fer, se sont constitués pour protéger la population des pillards dévalisant les commerces, vandalisant les maisons et semant la terreur.
L’opposant le plus en vue, l’ex-chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique et Prix Nobel de la paix Mohamed El Baradei, jugeant insuffisantes les nouvelles nominations, a de nouveau appelé Hosni Moubarak à partir "sans délai pour le bien de l’Égypte". La communauté internationale a multiplié les appels aux réformes et à l’arrêt des violences, cependant que Hosni Moubarak, 82 ans, dont l’avenir semblait sombre, donne l’impression de vouloir s’accrocher au pouvoir. Le président américain Barack Obama a de nouveau exhorté le régime de Moubarak, qui est le principal allié des États-Unis dans le monde arabe, à mettre en oeuvre des réformes et à faire preuve de retenue.
Dans une déclaration commune, les dirigeants de France, d’Allemagne et de Grande-Bretagne ont appelé le régime à "engager un processus de changement" face aux revendications de son peuple et à éviter "l’usage de la violence". Ces appels sont intervenus après la nomination d’un des proches de Moubarak, le chef des renseignements Omar Souleimane, aux fonctions de vice-président, premier poste du genre depuis son arrivée au pouvoir en 1981, et celle du ministre de l’Aviation, le général Ahmad Chafic, à la tête du gouvernement. Ahmad Chafic est apprécié par l’élite et l’opposition, et des analystes avaient évoqué son nom pour éventuellement succéder, en cas de vacance du pouvoir, à Hosni Moubarak qui a dirigé l’Égypte d’une main de fer en maintenant l’état d’urgence depuis 29 ans.
Les annonces de Moubarak, apparaissant en deçà des revendications de la population pour de meilleures conditions de vie - lutte contre le chômage et la pauvreté et pour la liberté d’expression -, n’ont pas entamé la détermination de la rue à le chasser. L’armée, épine dorsale du régime, présente avec ses blindés pour prêter main-forte à une police dépassée, a enjoint à la population de respecter le couvre-feu instauré au Caire, à Alexandrie et à Suez, de 15 heures à 7 heures (heure de Paris), jusqu’à nouvel ordre.
Aux cris de "Moubarak, va-t-en" ou "Celui qui aime l’Égypte ne détruit pas l’Égypte", des dizaines de milliers de manifestants, déchirant ses portraits et conspuant le nom du président, se sont rassemblés dans l’après-midi dans le coeur de la capitale malgré l’entrée en vigueur du couvre-feu. "Ni Moubarak, ni Souleimane !" a réagi la foule. Pour Oussama, l’un des manifestants, "Souleimane est l’homme de Moubarak et cela ne reflète pas un signe de changement".
Samedi, au moins 33 personnes ont été tuées dans les différentes villes. Vendredi, la journée a été, avec 62 morts, la plus sanglante depuis le début de la contestation inspirée par la révolte ayant chassé le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali. À Rafah et à Ismaïliya, sur le canal de Suez, les sièges de la sûreté de l’État ont été attaqués par des milliers de manifestants, et à Alexandrie (nord), plusieurs commissariats ont été incendiés. À Mansoura, sur le delta du Nil, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des milliers de manifestants, et l’armée s’est déployée en soirée. Selon les services de sécurité, 60 % des postes de police du pays ont été incendiés, dont 17 au Caire.
Dans des quartiers aisés de la capitale, objet de pillages, des expatriés ont commencé à partir, craignant pour leur sécurité, soit pour l’aéroport, soit pour trouver refuge dans de grands hôtels bien protégés. En outre, les services de téléphonie mobile, coupés pour contrecarrer les manifestations, étaient partiellement rétablis. Mais l’Internet n’était toujours pas accessible. Seule note positive pour Hosni Moubarak, la "solidarité" exprimée par les dirigeants saoudien et palestinien. Face à l’escalade, la Bourse du Caire restera fermée dimanche, ainsi que les banques.

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Emeute dans une prison au nord du Caire, évasion de milliers de prisonniers

Plusieurs milliers de prisonniers se sont évadés de la prison de Wadi Natroun, à 100 km au nord du Caire, a indiqué dimanche une source au sein des services de sécurité au 6ème jour d’une révolte contre le régime du président Hosni Moubarak.
Des milliers de prisonniers, dont un grand nombre d’islamistes détenus depuis plusieurs années, ainsi que des prisonniers de droit commun, se sont évadés dans la nuit après une émeute durant laquelle ils se sont emparés des armes des gardes de l’établissement pénitentiaire, selon la même source.

(Dimanche, 30 janvier 2011 - Avec les agences de presse)

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Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
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