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Algérie : malgré une manifestation avortée, l’opposition hausse le ton

samedi 22 janvier 2011, par La Rédaction

Les partisans du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) se sont dispersés, samedi 22 janvier, après avoir été bloqués durant six heures par un cordon policier devant le siège du parti à Alger, mais le président du RCD, Saïd Sadi, a déploré 42 partisans blessés, dont le chef du groupe parlementaire du RCD, Othmane Amazouz. "Il y a eu 42 blessés, deux deux grièvement. Tous ont été hospitalisés", a déclaré M. Sadi, précisant qu’"il y a eu également de nombreuses interpellations" parmi les manifestants.
Des heurts ont opposé devant le siège de cette formation quelque 300 personnes à plusieurs dizaines de policiers équipés de matraques, grenades lacrymogènes et boucliers en plexiglas. Sept policiers ont par ailleurs été blessés, dont deux sont dans un état grave, selon l’agence de presse APS.La police a pour sa part annoncé cinq interpellations.
Le quotidien arabophone Ennahar a par ailleurs affirmé que son photographe chargé de couvrir la manifestation avait "été grièvement blessé à la tête et à l’épaule (...) après avoir reçu une chaise lancé par un partisan du RCD depuis une fenêtre du premier étage du siège de ce parti".
"On a décidé de lever la protestation et se préparer pour les prochaines manifestations. De plus le pouvoir a envoyé des provocateurs qui scandaient le nom de Bouteflika", a expliqué Mohamed Khendek, député RCD. Peu avant la fin de la manifestation, une trentaine de jeunes ont en effet improvisé une contre-manifestation en face du siège du RCD en criant "Bouteflika, Bouteflika" et en scandant des slogans hostiles au président de ce parti, Saïd Sadi. Ces manifestants ont été dipersés par les brigades anti-émeutes de la police qui ont également allégé le dispositif policier autour du siège du RCD.
Les autorités d’Alger avaient interdit cette "manifestation pour la démocratie", en vertu de l’état d’urgence en vigueur depuis 1992, mais le RCD l’avait maintenue. Ses partisans devaient partir de la Place de la Concorde, ex-place du 1er-Mai, vers le siège de l’Assemblée nationale populaire.
"Le fait d’interdire des marches pacifiques encadrés par des partis et la société civile, c’est pousser à une explosion", a averti samedi le président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), Mostefa Bouchachi. "Il y a trois semaines, les autorités disaient que les jeunes émeutiers pouvaient revendiquer de manière pacifique et lorsqu’un parti politique veut faire une marche on la lui interdit", s’est insurgé M. Bouchachi. Les émeutes du 4 au 9 janvier, essentiellement menées par des jeunes contre la cherté de la vie, ont fait cinq morts, plus de 800 blessés et d’importants dégâts matériels dans plusieurs villes du pays.
Vendredi, la LADDH, quatre syndicats autonomes, le RCD et l’autre parti d’opposition Front des forces socialistes (FFS de Hocine Aït Ahmed), avaient annoncé la création d’"une coordination nationale pour la démocratie". Ouverte à d’autres personnalités, elle devrait se réunir à nouveau vendredi prochain pour discuter de la "préparation de la marche du 9 février", date anniversaire de la proclamation de l’état d’urgence en Algérie en 1992, afin d’en demander la levée, a indiqué M. Bouchachi. Selon un communiqué envoyé samedi après-midi, le FFS ne devrait toutefois pas s’associer à cette marche.

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La police empêche une manifestation pour la démocratie

Plusieurs personnes ont été blessées, dont un député et un dirigeant régional de l’opposition, et d’autres arrêtées dans des heurts avec la police, samedi, à Alger lors d’une tentative de manifestation pour la démocratie interdite par les autorités, selon différentes sources. Saïd Sadi, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) qui avait appelé à la manifestation, a indiqué par téléphone qu’"il y avait eu plusieurs blessés et, parmi eux, le chef du groupe parlementaire du RCD Othmane Amazouz, et de nombreuses arrestations" devant le siège de son parti où ses partisans avaient rendez-vous avant la marche prévue sur le Parlement.
Certains manifestants brandissant des drapeaux algériens, mais aussi parfois les couleurs de la Tunisie criaient "Algérie démocratique" ou "le pouvoir, y’en a marre !" Peu après, un journaliste de l’AFP a également vu le chef régional du RCD à Bejaia (260 kilomètres à l’est d’Alger), Reda Boudraa, la tête couverte de sang après avoir reçu un coup de bâton. Il a été évacué dans une ambulance avec un autre manifestant blessé.
Le député et porte-parole du RCD Mohsen Belabbes a fait état à la mi-journée de six blessés. L’AFP a été témoin de plusieurs arrestations musclées, surtout des jeunes. L’un d’eux a été traîné par cinq hommes en civil dans la rue vers l’entrée d’un immeuble où ils lui ont passé les menottes. Arezki Aïter, le député RCD de Tizi Ouzou, principale ville de Kabylie, a été interpellé, puis relâché une heure plus tard, selon son parti.
Dès le début de la matinée, quelque 300 personnes s’étaient retrouvées bloquées par des centaines de membres des forces de l’ordre casqués et équipés de matraques, boucliers et gaz lacrymogène, devant le siège du RCD sur l’avenue historique de Didouche Mourad, les Champs-Élysées algériens. Les manifestants devaient en partir pour la place de la Concorde, dans le centre, et marcher vers 11 heures (heure de Paris) en direction de l’Assemblée nationale populaire, le Parlement.
"Je suis prisonnier dans le siège du parti, a déclaré Saïd Sadi par haut-parleur depuis le premier étage de l’immeuble. Je ne peux pas partir d’ici", a-t-il affirmé aux manifestants et dizaines de journalistes présents. "On ne peut pas mener de lutte pacifique quand on est assiégé", a-t-il clamé. Dans la rue, ses partisans brandissant des drapeaux algériens et au moins deux autres de la Tunisie voisine où la population a renversé il y a une semaine 23 années de dictature, criaient : "État assassin", "Jazaïr Hourra, Jazaïr Democratiya" ("Algérie libre, Algérie démocratique"). Entre les chants patriotiques, on pouvait aussi entendre en français "Le pouvoir, y’en a marre" et lire une pancarte appelant à "la dissolution des instances élues".
Dès vendredi soir, les autorités avaient pris des dispositions pour quadriller la capitale après que le RCD eut confirmé son intention de manifester malgré l’interdiction décrétée par la wilaya (préfecture) d’Alger. En milieu de nuit, des dizaines de véhicules blindés étaient déjà en position dans le vieux centre historique. Des barrages ont aussi été érigés à l’entrée est de la ville et au moins trois bus transportant des manifestants de Kabylie ont été bloqués dès vendredi soir, selon des témoins cités par le quotidien El-Watan, mais déterminés "à continuer à pied".
Sur la place de la Concorde, dans le centre, des dizaines de véhicules blindés étaient stationnés et des centaines de membres de la protection civile et de la police étaient postés dans la matinée. Devant le palais présidentiel, sur les hauteurs d’Alger, une douzaine de véhicules blindés armés de canons à eau veillaient également. Dans le ciel, un hélicoptère surveillait la situation.
L’Algérie a vécu au début du mois de janvier cinq jours d’émeutes contre la vie chère qui ont fait cinq morts et plus de huit cents blessés. Le mouvement s’est arrêté après l’annonce par le gouvernement de mesures baissant les prix des produits de première nécessité.

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Les Algériens descendent dans la rue

Plusieurs personnes ont été blessées dans des heurts avec la police et de nombreuses autres arrêtées, samedi, à Alger lors d’une manifestation pour la démocratie interdite par les autorités, selon une journaliste de l’AFP et un organisateur du rassemblement.
Saïd Sadi, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), qui était présent sur les lieux, a indiqué par téléphone qu’"il y a(vait) eu plusieurs blessés, parmi eux le chef du groupe parlementaire du RCD Othmane Amazouz et de nombreuses arrestations". Une journaliste de l’AFP a constaté que des heurts avaient opposé dans le centre de la capitale algérienne quelque 300 personnes à plusieurs dizaines de policiers équipés de matraques, grenades lacrymogènes et boucliers en Plexiglas. Des personnes ont été blessées et plusieurs ont été arrêtées quand les policiers ont empêché la manifestation de se dérouler.
Bravant l’interdiction, les manifestants s’étaient réunis devant le siège du RCD dans le centre historique d’Alger, sur l’avenue Didouche Mourad, pour se rendre sur la place de la Concorde d’où devait partir la marche en direction de l’Assemblée nationale populaire (parlement). Elles en ont été empêchées par un important dispositif des forces de l’ordre qui quadrillent toute la capitale, a constaté la journaliste de l’AFP.

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Les Algériens appelés à manifester

Un parti d’opposition algérien, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), appelle à une marche samedi à Alger pour réclamer une ouverture démocratique, malgré l’interdiction de cette manifestation. Le chef du RCD (19 députés sur 385) Saïd Sadi a indiqué jeudi, dans un communiqué, qu’il maintenait cette manifestation, initialement prévue le 18 janvier puis reportée au 22, en faveur d’une ouverture plus démocratique, après les émeutes sanglantes de début janvier. Elle a été interdite en vertu de l’état d’urgence en vigueur dans le pays depuis 1992.
Saïd Sadi a obtenu le soutien des étudiants de Tizi Ouzou (principale ville de Kabylie, à une centaine de kilomètres à l’est d’Alger). Dans un communiqué publié par la presse, un comité estudiantin de l’université Mouloud-Mammeri a appelé la jeunesse à manifester samedi. "L’expression violente des jeunes dans différentes régions du pays n’est que le résultat d’un demi-siècle d’autoritarisme, d’oppression et de mépris", proclame ce Comité. Il prend exemple sur "l’impressionnante mobilisation du peuple tunisien, particulièrement celle de la jeunesse" qui doit "inspirer et motiver tous les patriotes de l’Afrique du Nord".
Le RCD soupçonne cependant une formation de l’alliance présidentielle, le Rassemblement national démocratique (RND du Premier ministre Ahmed Ouyahia), de projeter de perturber la manifestation. Il a nommément accusé dans un communiqué l’un des membres du RND, Salah Djenouhat, également secrétaire général de la centrale syndicale Union générale des travailleurs algériens (UGTA), d’avoir récupéré des "délinquants" "pour les inciter à provoquer la marche populaire du 22 janvier".

(Samedi, 22 janvier 2011 - Avec les agences de presse)

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