Le Hamas a
annoncé que les pourparlers de partage du pouvoir avec le Fatah étaient au point
mort, en raison de désaccords sur le programme politique d'un gouvernement
d'union.
Le porte-parole du Hamas Fawzi
Barhoum a affirmé samedi que son mouvement n'avait pas changé de position sur
son refus de reconnaître Israël. La communauté internationale a pourtant annoncé
qu'elle ne travaillera pas avec un gouvernement Hamas-Fatah sans une telle
concession.
Des centaines de millions de dollars d'aide étrangère
promise pour la reconstruction de Gaza, après l'offensive militaire israélienne,
sont en jeu. L'argent ne sera donné qu'à un gouvernement accepté par la
communauté internationale.
Le Hamas et le Fatah sont engagés depuis une semaine dans
des pourparlers au Caire. L'Egypte souhaitait qu'un accord soit conclu d'ici ce
samedi entre ces deux mouvements sur un gouvernement de partage du pouvoir dans
les Territoires palestiniens.
Parallèlement, le Hamas a déploré l'arrestation de 74 de
ses militants en Cisjordanie par le Fatah, même si 90 autres activistes du
Mouvement de la résistance islamique ont été libérés.
Zen à Gaza: méditation et relaxation pour guérir
le traumatisme de la guerre
C'est un spectacle étonnant dans la
très conservatrice Bande de Gaza, où se laisser aller en public, et surtout en
présence de personnes du sexe opposé, est culturellement impensable: des hommes
en costume et des femmes voilées en train de battre des "ailes" et de respirer
de concert, lors d'un stage de formation aux techniques de relaxation. Objectif:
mieux gérer le traumatisme de la guerre.
C'est pourtant sans hésiter que ce
groupe de travailleurs sociaux a brisé les tabous et fait voler les conventions
en éclats, débordés après trois semaines de guerre qui ont plongé les habitants
de l'étroit territoire côtier dans une détresse psychologique
profonde.
"Nous enseignons de très simples outils de soin de soi",
explique le psychiatre américain James Gordon, fondateur du Center for Mind-Body
Medicine. Spécialiste du stress post-traumatique et des conflits, il enseigne le
même programme en parallèle en Israël. Il a organisé des ateliers de ce type au
Kosovo pendant la guerre, pour les adolescents SDF aux Etats-Unis, les pompiers
du World Trade Center après le 11-Septembre...
Depuis 2005, le docteur Gordon a formé 90 professionnels
de la santé gazaouis, qui depuis ont offert à des milliers de personnes un accès
aux techniques de relaxation, de visualisation et de méditation assistée, et
fondé des groupes de soutien où les participants peuvent exprimer leurs
sentiments par la parole, le dessin ou la danse.
"Ma maison est devenue un véritable refuge après la
guerre", raconte Naima Rawagh, qui travaille avec des femmes maltraitées. Dans
la foulée des trois semaines de la sanglante offensive israélienne, elle a été
inondée d'appels au secours, et tente désormais, avec ses collègues, de trouver
des moyens d'apaiser des Gazaouis traumatisés sans heurter leur
traditionnalisme.
Elle explique mettre des cassettes de chants d'oiseaux si
quelqu'un trouve que se mouvoir en musique est "haram", interdit par l'islam.
Son collègue Ibrahim Younis utilise les versets du Coran pour illustrer des
fondamentaux, comme la nécessité de faire de l'exercice ou de s'alimenter
correctement.
Mais si certains renâclent, la plupart des Gazaouis
veulent avoir le sentiment de reprendre un peu de contrôle sur leur vie, vivant
depuis 21 mois l'enfermement derrière leurs frontières, depuis que le Hamas a
pris le pouvoir par la force dans le territoire. Un blocus et son cortège de
pénuries venu culminer avec les trois semaines de guerre et de bombardement qui
se sont achevées à la mi-janvier.
"Nous sommes venus parce que la demande a augmenté de
façon exponentielle depuis le début du blocus", explique le docteur Gordon.
Cette semaine, l'atelier de formation a rassemblé 140 personnes, travailleurs
sociaux, personnels de santé, psychologues ou enseignants. Dans quelques mois,
une nouvelle session aura lieu, au cours de laquelle on leur enseignera le yoga
et d'autres techniques.
Pour l'instant, ils apprennent la respiration profonde et
la méditation accompagnée, les hommes d'un côté de la pièce, les femmes de
l'autre. Puis Jamil Abdel Atti, le responsable de la formation à Gaza, leur
demande de se mettre debout, les yeux toujours fermés, et de battre
vigoureusement des "ailes". L'exercice déclenche fous rires, réticences et
abandons, mais la majorité du groupe fait de son mieux...
A la fin de la journée, Fatima Suboh, 48 ans, professeur
d'université, est ravie: "je me sens pleine d'énergie, j'ai l'impression que mon
sang circule". Mais reconnaît qu'elle était très gênée au début et a eu bien du
mal à se laisser aller.
L'atelier a aussi eu pour objectif de libérer la parole
sur la guerre. Un groupe, dirigé par une jeune femme, est assis en cercle sur le
tapis. Chacun à tour de rôle raconte comment il s'est senti, ce qu'il a vécu.
Là, un autre tabou culturel se brise, celui qui interdit de se confier à des
inconnus et oblige à rester à la surface de la politesse.
Pour Younis et Rawagh, c'est un moyen efficace de
surmonter rapidement les traumatismes. Après la guerre, Younis a fait la tournée
des victimes, et a organisé des groupes de soutien par catégorie, comme par
exemple les veuves récentes.
Entre les cours, Gordon offre également des traitements
d'acupuncture, pour qui le souhaite. Et c'est encore une autre scène étonnante à
Gaza, que de voir une femme entièrement voilée de noir dont on ne voit pas le
visage, s'approcher de lui et lui demander une séance...
( Samedi, 14 mars 2009 - Avec les agences de presse )
Pétition
Non au terrorisme de l’Etat
d’Israël
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