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En Egypte, des femmes, et quelques hommes, combattent le harcèlement sexuel

jeudi 26 février 2009, par La Rédaction

Dans un petit gymnase de Zagazig, au nord du Caire, une vingtaine de jeunes Egyptiennes en tenue de karaté ou en survêtement s’entraînent deux par deux, l’une donnant des coups de pied et l’autre essayant de parer à l’attaque.
Rares dans le monde arabe, des cours d’autodéfense fleurissent depuis un an en Egypte, le pays se penchant pour la première fois sur la question du harcèlement sexuel.
Des femmes, et même quelques hommes, ont également lancé des campagnes contre le harcèlement sexuel, utilisant le réseau social Facebook pour faire prendre conscience du problème à une jeunesse égyptienne férue d’Internet.
C’est déjà sur Internet qu’on a commencé à parler ouvertement du sujet, il y a deux ans, après la diffusion par des blogs égyptiens de vidéos amateurs montrant des hommes agressant des femmes dans le centre du Caire lors d’une fête musulmane.
Mais c’est une récente étude menée par une organisation pour les droits des femmes qui a placé le harcèlement sexuel au coeur du débat national.
L’étude du Centre égyptien pour les droits des femmes a révélé toute l’ampleur du problème au Caire et dans ses environs, et même le gouvernement, longtemps hostile ne serait-ce qu’à évoquer le sujet, semble prêt à agir : un texte de loi contre le harcèlement est discuté au Parlement et la police a procédé à des dizaines d’interpellations ces derniers mois.
En octobre, un juge a infligé trois ans de prison à un chauffeur routier, reconnu coupable d’avoir agrippé la poitrine d’une passante de 27 ans. "Cela a marqué un tournant dans les comportements. Le juge a sérieusement fait passer le message que le harcèlement est un crime grave", explique Nehad Abul Komson, directrice du Centre égyptien pour les droits des femmes.
Selon l’étude réalisée par le Centre, 83% des Egyptiennes et 98% des ressortissantes étrangères sondées déclarent avoir été victime de harcèlement sexuel. Plus étonnant : 62,4% des hommes disent avoir harcelé des femmes. Et la tenue vestimentaire des femmes agressées ne compte guère : un tiers environ disent avoir été harcelées alors qu’elles portaient le foulard. Un peu moins d’un cinquième étaient entièrement voilées.
L’étude portait sur un échantillon de 2.020 Egyptiens et Egyptiennes, interrogés en face à face dans la région du Caire, et de 109 résidentes étrangères.
Ce problème de société vient se doubler du fait que les Egyptiennes hésitent souvent à parler du harcèlement, craignant l’humiliation publique ou le déshonneur pour leur famille. La police manifeste généralement peu d’empressement pour faire cesser ces pratiques, quand elle ne s’en rend pas elle-même responsable.
Par ailleurs, dans un pays où 20% de la population vit avec moins de deux dollars par jour, hommes et femmes doivent attendre souvent longtemps d’avoir l’argent nécessaire au mariage. Les rapports sexuels pré-maritaux étant interdits par l’Islam, nombre de jeunes sont frustrés sexuellement, en outre souvent sans emploi.
Le harcèlement est le plus souvent verbal, de la part de jeunes hommes traînant en groupe dans les rues et interpellant les femmes, parfois de façon vulgaire : "Vous êtes belle. Vous vous appelez comment ? Je veux coucher avec vous". Mais il y a aussi des femmes qui se font suivre dans la rue ou subissent des attouchements, notamment dans les transports en commun.
"Sur une semaine, il m’arrive dans la rue trois ou quatre incidents de ce genre", expliquait récemment Asmaa Mohammed, étudiante de 21 ans après un cours d’autodéfense à Zagazig.
Dans la banlieue cairote de Mohandiseen, où vit la classe moyenne, un groupe d’hommes et de femmes a lancé une campagne anti-harcèlement financée par le magazine pour jeunes Kelmetna. Baptisée "Respectez-vous", elle vise les hommes mais encourage aussi les Egyptiennes à s’exprimer. Le groupe organise des réunions dans les universités et des patrouilles de rues, exhortant chauffeurs de taxi et vendeurs des rues à respecter la tradition nationale de l’hospitalité. Sur Facebook, la campagne revendique plus de 48.000 membres.
Lors d’une récente réunion de "Respectez-vous", Hadir, 16 ans, a raconté s’être faite harceler dans une rame de métro, son assaillant lui touchant les fesses. "Je me suis retournée, il souriait. Je l’ai poussé et me suis mise à pleurer. Personne n’a bougé. Je me suis sentie seule et j’ai eu peur".
Et la question divise toujours : les conservateurs, dans une société qui reste très traditionnelle, continuent de faire porter la responsabilité aux femmes, accusées de provocation, avec leur habillement ou maquillage. Et des personnalités influentes de la société, au premier rang desquelles l’épouse du président, Suzanne Moubarak, juge que seuls quelques rares hommes sont en cause.
Mais la révolte gronde chez les jeunes femmes, de plus en plus nombreuses à vouloir apprendre à se défendre. Asmaa Mohammed compte inciter toutes ses amies à suivre les cours d’autodéfense. "Une Egyptienne doit apprendre à se défendre car nous sommes dans une société où les hommes nous font beaucoup de mal".

( Jeudi, 26 février 2009 - Avec les agences de presse )

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