Les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza ont eu un "caractère sans aucun doute inhumain" qui évoque "le spectre de crimes de guerre systématiques", a affirmé jeudi le rapporteur spécial de l’ONU pour les territoires palestiniens, Richard Falk.
"Des cibles illégales ont été sélectionnées", a estimé M. Falk, en parlant d’"intention criminelle".
"Il n’y a aucun doute sur le caractère inhumain d’une opération militaire à grande échelle du type de celle qu’Israël a engagé le 27 décembre contre une population essentiellement sans défense", a déclaré le rapporteur de l’ONU depuis la Californie lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes à Genève.
L’armée et le gouvernement israéliens ont déclaré à de nombreuses reprises qu’ils ne visaient jamais délibérément des civils pendant leurs opérations dans la bande de Gaza.
Ces opérations ont été lancées pour mettre fin aux tirs de roquettes et de missiles du mouvement islamiste Hamas et d’autres organisations palestiniennes sur des villes du sud d’Israël.
Selon le fonctionnaire de l’ONU, l’opération militaire israélienne, menée contre un territoire densément peuplé, avec une population affaiblie par les privations de 18 mois de blocus et "prise au piège" dans la zone de guerre, "évoque le spectre de crimes de guerre systématiques".
M. Falk a dénoncé le confinement "dans la zone de guerre active" de la population, empêchée de s’enfuir et d’accéder ainsi à la protection du statut de réfugié. "C’est sans précédent", a-t-il assuré. "Aucun enfant, aucune femme, aucun malade ou handicapé de la population de Gaza n’a été autorisé à quitter la zone de guerre", s’est-il indigné.
La frontière entre Israël et la bande de Gaza a été fermée pendant le conflit. L’Egypte a également maintenue fermée sa frontière avec la bande de Gaza.
"Les preuves de violations des règles fondamentales du droit international humanitaire sont si accablantes qu’elles doivent faire l’objet d’une enquête internationale indépendante", a jugé le juriste américain.
Les violations du droit international commises par le Hamas en lançant des roquettes sur Israël ne sont pas comparables, a estimé le rapporteur de l’ONU, bête noire du gouvernement israélien.
M. Falk a été refoulé le 14 décembre par les autorités à son entrée en Israël, d’où il devait se rendre dans les territoires palestiniens. Auparavant, il avait déjà déclaré que la politique d’Israël à l’encontre des populations des territoires s’assimilait à "un crime contre l’humanité".
Ce refoulement "sans précédent" de M. Falk, retenu durant plus de 20 heures à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, avait été dénoncé par la Haut commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme Navi Pillay.
L’Egypte a repris ses discussions avec Israël sur une trêve durable à Gaza
L’Egypte a repris jeudi ses pourparlers avec Israël pour tenter d’aménager une trêve durable dans la bande de Gaza, quatre jours après un cessez-le-feu fragile.
Le négociateur israélien, Amos Gilad, a eu une discussion de cinq heures, dont rien n’a filtré, avec le patron des services de renseignements égyptiens, Omar Souleimane, déjà négociateur de la précédente trêve de six mois.
N’ayant pas réussi à négocier le cessez-le-feu, l’Egypte a repris sa médiation entre Israël et le Hamas, les deux belligérants ne dialoguant pas, pour éviter une nouvelle guerre dans la bande de Gaza.
Si les violences ont cessé dimanche après 22 jours d’une opération israélienne meurtrière, aucun armistice n’a été conclu, laissant non réglés des points-clés, comme la fin du blocus de l’enclave palestinienne.
Aucun accord n’est également intervenu sur la durée de la trêve des violences, le Hamas ayant suggéré un an renouvelable, ce que refuse Israël qui réclame qu’elle soit illimitée dans le temps.
Le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Hossam Zaki, a indiqué que la délégation du mouvement islamiste palestinien se rendrait dimanche au Caire.
Le Premier ministre égyptien, Ahmad Nazif, a affirmé mercredi que le but était de "consolider" la trêve tout en tentant de "réconcilier" le Hamas et le mouvement Fatah du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
M. Gilad, selon une source proche des négociations, centrera cet entretien de quelques heures sur les arrangements concrets contre la contrebande d’armes à la frontière, via des tunnels entre l’Egypte et la bande de Gaza.
Un correspondant de l’AFP à Gaza a vu des centaines de contrebandiers qui se sont déjà remis à creuser de nouveaux tunnels, ou a déblayer ceux qui avaient été bombardés par l’aviation israélienne.
La chef de la diplomatie israélienne, Tzipi Livni, a prévenu jeudi qu’Israël se réservait le droit de frapper de nouveau les tunnels creusés sous les 14 km de la "ligne de Philadelphie" qui marque cette frontière.
"S’il faut agir nous le ferons, nous exercerons notre droit à la légitime défense, nous ne confierons pas notre sort aux Egyptiens ni aux Européens ou aux Américains", a-t-elle ajouté.
Israël, qui dit avoir détruit 150 tunnels, a conclu avec les Etats-Unis un accord de lutte contre les filières d’acheminement, obtenant un engagement de quatre pays européens à faire de même.
Un autre volet des discussions portera, selon Israël, sur la libération du soldat israélien Gilad Shalit, capturé en juin 2006 à la lisière de la bande de Gaza.
Selon la radio militaire israélienne, plusieurs ministres et responsables acceptent désormais la libération de la plupart des détenus dont le Hamas exige l’élargissement en échange du soldat.
Les choses sont complexes s’agissant de la fin du blocus de facto décrété par Israël depuis le coup de force du Hamas dans la bande de Gaza, en juin 2007, avec la réouverture des six points de passage, dont un seul avec l’Egypte à Rafah.
Aux termes d’un accord de 2005, le contrôle de Rafah revient à l’Autorité palestinienne, avec l’appui d’une centaine d’observateurs de l’Union européenne.
Quelles que soient les formules envisagées, le retour de l’Autorité palestinienne, évincée de la bande de Gaza et ne contrôlant plus que la Cisjordanie, présuppose une "réconciliation" palestinienne
Un conseiller de M. Abbas, Nabil Chaath, a indiqué à l’AFP au Caire attendre que l’Egypte prenne l’initiative des pourparlers de réconciliation, si le Hamas en accepte les termes.
Les Egyptiens, a-t-il dit, "pensent qu’il leur faut une semaine de négociations avec le Hamas avant de nous inviter, puis nous réunir", a-t-il dit. L’Egypte avait échoué dans une telle tentative en novembre dernier.
Gaza : le Hamas va verser 1 000 euros à la famille de chaque ’martyr’
Le gouvernement du Hamas, dans la bande de Gaza, a annoncé, jeudi 22 janvier, qu’il verserait 1 000 euros à la famille de chaque Palestinien ’martyr’, selon la terminologie du mouvement islamiste tué lors de l’offensive israélienne sur le territoire. Chaque blessé touchera 500 euros.
Les destructions matérielles donneront aussi droit à des compensations. Les propriétaires de maisons entièrement détruites toucheront 4 000 euros, ceux de maisons partiellement détruites 2 000 euros.
Le montant total de ces compensations atteindrait entre 27 et 31 millions d’euros, a indiqué le porte-parole du gouvernement islamiste.
L’offensive menée par Tsahal dans le territoire palestinien pendant 22 jours a fait 1 330 morts palestiniens et 5 450 blessés, selon le dernier bilan des services médicaux palestiniens rendu public jeudi. Quelque 4 000 maisons ont été entièrement détruites dans les attaques israéliennes et plus de 17 000 autres ont été endommagées, selon une estimation du bureau central des statistiques de l’Autorité palestinienne.
L’ONU constate les dégâts à Gaza, conférence de donateurs en février
L’ONU a plaidé jeudi pour l’ouverture des points de passage de la bande de Gaza ravagée par l’offensive israélienne pour permettre sa reconstruction, qui doit faire l’objet d’une conférence de donateurs en février en Egypte.
Le coordinateur humanitaire de l’ONU John Holmes et le représentant spécial de l’organisation internationale au Proche-Orient ont inspecté plusieurs sites bombardés et se sont rendus dans le principal hôpital de Gaza.
L’ouverture des points de passage est l’un des "problèmes dont nous voulons discuter (avec Israël). Evidemment, si vous voulez reconstruire, il faut du ciment, des matériaux de reconstruction, des tuyaux, des pièces détachées. Tout doit entrer et c’est une chose sur laquelle nous allons insister", a déclaré M. Holmes.
Israël "doit permettre aux programmes d’aide d’aller de l’avant sans obstacle", a-t-il souligné.
M. Holmes a ajouté qu’il tentait de "dresser un bilan de l’ampleur des dommages", avant de lancer un appel à des fonds internationaux pour la reconstruction du territoire contrôlé par les islamistes du Hamas.
Selon une estimation provisoire du Bureau central palestinien des statistiques, les pertes causées par l’offensive s’élèvent à 1,9 milliard de dollars, dont 476 millions pour les dégâts dans les habitations et les infrastructures.
A Ramallah, en Cisjordanie, le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a annoncé qu’une conférence de donateurs se tiendrait à la mi-février en Egypte pour recueillir des fonds pour la reconstruction de Gaza.
Il s’exprimait à l’issue d’un entretien avec le vice-ministre norvégien des Affaires étrangères, Raymond Johansen, dont le pays préside le comité ad hoc (AHLC) des bailleurs de fonds pour les Palestiniens.
L’Autorité palestinienne insiste que la reconstruction se fasse sous sa houlette et non sous celle du Hamas dont le pouvoir n’est pas reconnu par la communauté internationale.
Un haut responsable palestinien, Yasser Abed Rabbo, a affirmé que l’Autorité palestinienne ne permettrait pas au Hamas de créer "une entité séparatiste" à Gaza.
Israël conditionne la levée du blocus imposé à Gaza à la conclusion d’une trêve avec le Hamas négociée par Le Caire. Il a prévenu qu’il se réservait le droit d’attaquer de nouveau les tunnels reliant le territoire palestinien à l’Egypte, qui servent notamment à la contrebande d’armes.
Dans cette zone, des centaines de contrebandiers ont repris leur travail dans les tunnels, un moyen de contourner le blocus.
Parallèlement, l’Egypte a repris sa médiation en vue de consolider le cessez-le-feu proclamé dimanche par les belligérants, en recevant le négociateur israélien Amos Gilad.
Sur le terrain, cinq Palestiniens ont été blessés à Gaza par des tirs de navires de guerre israéliens, selon des sources médicales.
L’offensive israélienne (27 décembre-17 janvier) a fait 1.330 morts palestiniens, dont plus de 430 enfants, et 5.450 blessés, selon les services médicaux palestiniens.
Côté israélien, 10 militaires et 3 civils ont péri, selon les chiffres officiels.
La nouvelle secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a promis jeudi d’oeuvrer en vue "d’une paix durable" au Proche-Orient lors d’un entretien téléphonique avec le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas, a indiqué l’Autorité palestinienne.
Le Hamas demande l’instauration d’un dialogue entre factions rivales palestiniennes
Huit groupes palestiniens basés à Damas, dont le Hamas et le Djihad islamique, ont appelé jeudi à un dialogue entre factions rivales palestiniennes, tout en soulignant qu’ils ne renonceraient pas à la lutte contre Israël.
Un communiqué diffusé dans la journée par ces groupes suggère que les discussions de réconciliation soient parrainées par l’Egypte, le Qatar, la Syrie et la Turquie.
Le Hamas souligne qu’il rejettera tout accord politique qui empêche "la poursuite de la résistance" contre Israël.
Le Mouvement de la résistance islamique a pris le contrôle de la Bande de Gaza en juin 2007 lors d’un coup de force, aux dépens de son rival, le Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.
Clinton promet d’oeuvrer pour la paix dans un appel téléphonique à Abbas
La nouvelle secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a promis jeudi d’oeuvrer en vue "d’une paix durable" au Proche-Orient lors d’un entretien téléphonique avec le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas, a indiqué l’Autorité palestinienne.
Mme Clinton "a parlé de la nécessité de soutenir le président Abbas et l’Autorité palestinienne pour parvenir à une paix juste au durable le plus rapidement possible", a déclaré à l’AFP le porte-parole de M. Abbas, Nabil Abou Roudeina.
"Le président Abbas a réitéré son attachement au processus de paix et lui a promis de déployer tous les efforts possibles pour parvenir à la paix", a-t-il ajouté.
Cet entretien téléphonique survient au lendemain d’un appel téléphonique que M. Abbas avait reçu du nouveau président américain Barack Obama qui, lui aussi, lui a promis d’oeuvrer en vue "d’une paix durable" au Proche-Orient, selon l’Autorité palestinienne.
"Nous considérons que ces deux appels en 24 heures traduisent une volonté de de la nouvelle administration de ne pas perdre de temps (avant de s’impliquer dans le processus de paix) et l’importance qu’elle attache à ce dossier", a affirmé M. Abou Roudeina.
Le prédécesseur de M. Obama, George W. Bush, avait présidé à la relance des négociations israélo-palestiniennes après des années d’impasse en novembre 2007 mais les pourparlers ont enregistré très peu de progrès depuis.
Les tunnels de Gaza en travaux malgré les menaces israéliennes
Plusieurs centaines de Gazaouis se sont rendus jeudi à la frontière égyptienne pour remettre en état les tunnels de contrebande pilonnés pendant les 22 jours de l’offensive israélienne et rétablir un trafic vital pour l’enclave contrôlée par le Hamas.
Le mouvement islamiste et les autres factions armées, qui utilisent des tunnels distincts pour la contrebande d’armes, interdisent à la presse d’en approcher et il est impossible de savoir s’ils sont ou non opérationnels.
Le gouvernement israélien a promis de recourir à nouveau à la force si le Hamas tente de reconstituer son arsenal. L’arrêt des tirs de roquettes en direction du sud de l’Etat juif était l’un des principaux objectifs de l’opération "plomb durci".
Les forces israéliennes déployées dans la bande de Gaza ont achevé leur retrait mercredi, trois jours après les cessez-le-feu unilatéraux proclamés par les deux camps.
"S’il faut mener de nouvelles opérations militaires pour faire cesser la contrebande, ce sera fait (...) Israël se réserve le droit d’agir contre la contrebande, un point c’est tout", a martelé Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères, sur l’antenne de Radio Israël.
A Rafah, dans l’extrême Sud de l’enclave, les nombreux Palestiniens ayant investi financièrement dans les tunnels ont entamé un état des lieux et des travaux de réfection, dissimulés sous des tentes, ont d’ores et déjà débuté.
Le blocus israélien de la bande de Gaza, qui ne laisse filtrer que l’aide humanitaire, a fait de ces tunnels une activité très rentable.
"Il faut bien vivre. On est encore jeunes et on n’a pas d’autre boulot que les tunnels", résume Mohamed, 18 ans, propriétaire de l’un de ces ouvrages.
Le général Gabi Ashkenazi, chef d’état-major de Tsahal, a assuré la semaine dernière que tous les tunnels répertoriés avaient été bombardés pendant l’offensive.
A Genève, le Comité international de la Croix-Rouge s’est inquiété de la présence de munitions ayant fait long feu, craignant pour les plus jeunes et les équipes de secours.
"La plupart des enfants sont restés enfermés ces trois dernières semaines parce qu’il n’y pas eu de pause dans les hostilités. Les combats sont désormais terminés, ils sont à nouveau dans les rues et courent le risque d’être tués ou mutilés par ces restes de la guerre", a souligné Imad Abou Hassirah, membre du personnel de l’organisation.
L’offensive israélienne entamée le 27 décembre a coûté la vie à 1.300 Palestiniens, dont 700 civils, selon les services de santé de Gaza.
En Israël, on assure que plusieurs centaines d’activistes ont été mis hors d’état de nuire et que le Hamas a subi un coup très dur qui a, qui plus est, renforcé le pouvoir dissuasif de Tsahal. Treize Israéliens, dont trois civils, ont été tués pendant les combats.
Les Gazaouis qui habitent dans le secteur frontalier assurent que le trafic de carburant a d’ores et déjà repris via plusieurs centaines de tunnels qui ont, selon eux, échappé aux bombardements.
Mohamed et ses trois partenaires ont investi 40.000 dollars dans leur propre galerie. "Bientôt, il sera opérationnel. Je ne ramènerai pas de drogue ni d’armes. J’ai l’intention de l’utiliser pour ce qui manque le plus, la nourriture et l’essence, et c’est très profitable", dit-il.
En visite à Bruxelles, Livni a fait savoir mercredi que l’Union européenne avait reconnu la nécessité de faire cesser le trafic d’armes dans la bande de Gaza. Au micro de Radio Israël, elle a invité les Etats membre de l’Union européenne à y contribuer en arraisonnant les navires qui alimentent ce trafic et en infligeant de nouvelles sanctions à l’Iran, qu’elle accuse d’équiper le Hamas.
Ses homologues européens ont, quant à eux, fait de la réouverture des points de passage de la bande de Gaza une condition de leur participation à la lutte contre la contrebande. "Les points de passage sont ouverts aux besoins humanitaires, c’est conforme à nos valeurs", leur a-t-elle répondu.
Un émissaire israélien est attendu jeudi au Caire pour reprendre les discussions sur les moyens d’assurer la sécurité à la frontière avec la bande de Gaza, dans le cadre d’un accord à long terme que l’Egypte s’efforce d’obtenir.
Israël espère obtenir la libération de Gilad Shalit
Après son offensive contre le Hamas dans la bande de Gaza, Israël espère pouvoir assouplir les conditions d’un échange de prisonniers afin de récupérer le soldat Gilad Shalit, aux mains des Palestiniens depuis 2006, indiquent des responsables israéliens.
Israël conditionne la levée de tout blocus de la bande de Gaza à des progrès immédiats des efforts déployés par l’Égypte pour obtenir la libération du militaire et il est prêt à assouplir ses objections à la liste de prisonniers palestiniens que le Hamas souhaite voir libérés en échange, ont dit ces responsables.
Les islamistes ont réclamé l’amnistie pour 1.400 détenus. Israël, a été longtemps réticent concernant 450 d’entre eux, estimant que leur libération saperait la stratégie de paix du président palestinien Mahmoud Abbas en renforçant des rivaux, partisans d’une ligne dure.
Mais après son offensive de 22 jours contre le Hamas dans la bande de Gaza, Israël semble avoir assoupli sa position.
"L’idée est que nous pouvons nous permettre d’assouplir nos critères sur la libération de prisonniers, car tout bénéfice pour le Hamas sera largement éclipsé par les dégâts qu’il a subis à Gaza", a noté un responsable israélien de la sécurité.
Selon lui, le Premier ministre Ehud Olmert souhaite parvenir à un accord avant son départ, à l’issue des élections du 10 février, mais il n’est pas certain que le gouvernement israélien pourra approuver tous les noms figurant sur la liste du Hamas.
"Je crois que l’opération militaire a Gaza a créé des leviers qui pourront contribuer à accélérer le retour de Gilad Shalit (...) Je n’en dirai pas davantage", a déclaré jeudi Olmert à des journalistes.
Binyamin Ben-Eliezer, membre du cabinet de sécurité, a dit à la radio de l’armée israélienne qu’il n’y avait encore eu aucune nouvelle discussion sur un possible échange de prisonniers, mais il a ajouté : "Je suis de ceux qui sont prêts à payer cher pour le retour de Gilad".
L’émissaire israélien Amos Gilad s’est rendu jeudi au Caire pour discuter des moyens de consolider la trêve du 18 janvier qui a mis fin à l’offensive à Gaza. Selon des sources proches des services de sécurité, il évoquera le cas de Shalit au cours de ses discussions avec les Égyptiens.
Les puissances occidentales ont réclamé une plus large ouverture des points de passage de Gaza avec l’Égypte et avec Israël, mais l’État juif a exclu de rétablir un passage normal en l’absence d’un accord sur Shalit.
"Je peux vous dire en bon hébreu : mis à part le passage de denrées humanitaires, il n’y aura aucun point de passage ouvert sans Gilad Shalit", a martelé Ben-Eliezer.
( 22 janvier 2009 - Avec les agences de presse )

