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La claque de B. Kouchner à la famille Hamouri...
Suivi du courrier de JC Lefort à l’ambassadeur d’Israël en France

lundi 23 novembre 2009, par Jean-Claude Lefort

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, vient de se rendre une nouvelle fois au Proche-Orient. A la fin de la semaine dernière, sous le sceau de la « confidentialité absolue », un message verbal était transmis directement par le Consulat général de France de Jérusalem à la famille Hamouri précisant que le ministre la recevrait en personne à sa demande. La date, l’heure et le lieu étaient précisés : lundi 16 novembre à hôtel « American Colony ».
Quelques heures seulement avant la rencontre, fixée par le ministre en fonction de son agenda établi bien à l’avance, la famille Hamouri recevait un message par la même voie : le ministre était empêché, le rendez-vous prévu était purement et simplement annulé ! Comble de la désinvolture, de l’indélicatesse ou de la provocation, comme on voudra, il était précisé que si Madame Hamouri venait à passer à Paris le ministre pourrait la recevoir. S’il était là bien sûr…
Pour couronner le tout, mercredi 18 novembre, la presse israélienne faisait état, photos à l’appui, d’une autre rencontre cette fois non annulée et non « confidentielle » du ministre français : il avait rencontré, mardi, large sourire aux lèvres et sous le feu des caméras, la famille de Guilad Shalit…
Tout est dit de la politique française et de ses « dirigeants » dans ces deux attitudes : pour la famille Hamouri c’est la claque ; pour la famille Shalit c’est la main tendue.
Comment accepter un seul instant pareil comportement inqualifiable ? Quel républicain, attaché aux principes fondamentaux de notre pays, à son « identité nationale », pourrait accepter pareil camouflet particulièrement grossier et violent jeté par le ministre à la face des droits de l’homme et de l’égalité entre les citoyens ?
C’est inacceptable et inexcusable.
Nous exprimons toute notre solidarité et notre fraternité à la famille de Salah.
Que la France défende un soldat d’un armée d’occupation capturé sur son char les armes à la main est une chose ; qu’elle se refuse à tout faire pour libérer un jeune, dont il est établi qu’il n’est « que » Français qui a été condamné à 7 ans de prison, sans le moindre fait établi constitutif d’un délit, par un tribunal militaire d’occupation tout aussi illégal que l’occupation elle-même en est une tout autre.
Que le Président reçoive à plusieurs reprises la famille du premier est une chose. Qu’il se refuse obstinément à rejeter toute entrevue avec la famille du second en est une tout autre.
A cela s’ajoute l’attitude d’associations « communautaires » qui, bien que formellement françaises, reprennent à la lettre les vues, les dires et décisions israéliennes se comportant de la sorte de manière dangereuse pour la cohésion nationale et pour la cause du soldat Shalit.
Ce n’est pas en « crucifiant » Salah Hamouri qu’elles rendront leur combat pour Shalit plus efficace car elles risquent d’allumer des contre-feux dont il n’est pas certain qu’ils simplifieront la libération du caporal israélien.
Notre « Comité de soutien » s’est toujours refusé d’entrer dans pareille « compétition » sordide et ô combien contreproductive. Ce qui l’anime, quant à lui, c’est uniquement le droit et la non-discrimination de traitement, autrement dit l’égalité.
Si notre « Comité de soutien » existe ce n’est pas contre quiconque mais pour c’est pour une égalité de traitement concernant deux de nos compatriotes dans des situations certes différentes mais dont le destin devrait être identique : la liberté.
Force est de constater qu’on déploie des « trésors » d’énergie pour l’un, les grands médias n’étant pas en reste, et qu’on ne fait rien pour l’autre qui a déjà effectué près de 5 ans de prison.
Ce nouvel épisode est indigne et effarant mais par trop significatif de toute une politique. Nous ne laisserons pas faire. On continue !
Dimanche 22 doit avoir lieu une émission sur « France 2 », le « 13h15 », consacrant un reportage à Salah. Il a été déprogrammé dimanche dernier. Ce report a-t-il à voir avec tout cela ? On peut se poser légitiment la question d’autant plus que l’avocat, interviewé le 11 novembre pour expliquer la situation « juridique » de Salah, s’est déjà entendu signifier que ses propos ne seraient pas retenus dans le reportage...
Le terrible « deux poids, deux mesures » que nous dénonçons sans relâche fera-t-il tâche d’huile au point que cette chaine de télévision devienne dimanche : « France deux poids deux mesures » ?
Pour continuer plus que jamais à exiger « justice » et « vérité », nous avons le « buzz » à notre disposition. Amplifions-la ! Rien de plus simple : il faut démultiplier au maximum les contacts pour faire connaître cette vidéo présente sur de nombreux sites. Nous en sommes à 2000.000 « clics » !
Dès dimanche après-midi, on avisera…

JC Lefort,
Le 21 novembre 2009

***

Jean-Claude Lefort
Député honoraire
Paris, le 23 novembre 2009

à

M. Daniel Shek
Ambassadeur d’Israël
en France
3, rue Rabelais
75008 Paris

Monsieur l’Ambassadeur,
Sur la chaine nationale de télévision « France 2 », au cours de l’émission « 13h15 » diffusée le dimanche 22
novembre 2009, vous avez parlé d’un jeune Français, Salah Hamouri, en prison depuis près de 5 ans dans votre
pays.
On se doit de reconnaître que votre intervention a le mérite d’une certaine clarté.
En effet, vous avec expliqué que s’il est en prison pour 7 ans c’est tout simplement parce qu’il a eu « le projet »
« de commencer des préparatifs » contre un rabbin ultra orthodoxe qui « aurait pu » être assassiné.
Il a eu le « projet » de « commencer » des « préparatifs »… contre un rabbin qui « aurait pu être »…
Voilà quel est, pour vous, son premier délit. Un délit qui est tout sauf établi puisque que votre raisonnement est
basé sur des suppositions. Vous êtes, et pour cause, dans l’impossibilité de prouver quoi que ce soit de concret et
ne pouvez vous appuyer sur des faits, des preuves tangibles ou des actes effectifs commis puisqu’il n’y en a pas.
Nous sommes là dans le monde des supputations et non dans celui des actes formels. Elles ne peuvent donc
valoir condamnation.
Vous ajoutez que le second chef d’accusation contre Salah Hamouri est qu’il « est membre du FPLP » et qu’il
joue « un rôle majeur » dans cette organisation « terroriste ». Cette affirmation est tout simplement inexacte,
Monsieur l’Ambassadeur.
Le tribunal n’a en aucune façon déclaré l’appartenance de Salah Hamouri au « FPLP » ni non plus un quelque
« rôle majeur » joué par lui au sein de cette organisation qui, je vous le rappelle, est membre de l’OLP dirigée
par le Président Mahmoud Abbas et qui est considérée officiellement comme le « représentant légitime du
peuple palestinien ».
Notons par ailleurs que Salah n’avait que 20 ans quand il a été arrêté, ce qui rend tout simplement impensable
son soi disant rôle « majeur » au sein de cette organisation dont il n’est pas membre de surcroît ni non plus des
« Jeunesses du FPLP ». Aucun fait, là non plus, n’a été établi ou prouvé sur ce plan contrairement à ce que vous
dîtes.
Je vous rappelle, à cet égard, que plus de 20 audiences de son procès ont été annulées faute de témoins se
présentant à la barre pour confirmer cette « accusation » que vous avez reprise à tort et à charge. Les « témoins »
annoncés étant pourtant tous des prisonniers, eux aussi…
C’est sur la base d’une « accusation anonyme » qu’il a été arrêté trois mois après - trois mois après – être passé,
ceci étant un fait avéré, en voiture devant le domicile du rabbin Yossef Ovadia que vous « défendez »
étonnement eu égards ses prises de positions connues comme étant des plus extrémistes contre les Arabes mais
aussi contre les Juifs.
Je résume donc les deux « charges » qui auraient été émises selon vous : une « intention », « un projet », d’une
part, et une affirmation d’appartenance de Salah Hamouri au FPLP qui n’a pas été reprise ni prouvée par le
tribunal militaire, d’autre part. Je n’insiste pas sur ce « rôle majeur » supposé que vous attribuez à notre jeune
compatriote au sein de cette organisation dont il n’est pas membre. C’est une affirmation extravagante à
l’évidence.
Vous avez poursuivi vos déclarations par un raisonnement très « intéressant » puisque vous avez déclaré que les
« Territoires palestiniens ne sont pas israéliens, qu’ils sont occupés et que pour cette raison c’est un tribunal
militaire qui accuse ». Précisons : c’est un tribunal militaire israélien, en l’occurrence celui d’Ofer situé en plein
coeur de la Cisjordanie occupée qui a accusé et condamné notre jeune compatriote.
Ces propos sont toutefois à rapporter avec le fait que Salah Hamouri habite Jérusalem-Est.
Il résulte de vos dires que, pour la première fois depuis 1967, un responsable israélien d’importance, chargé
notamment représenter son pays à l’étranger, reconnaît que Jérusalem-Est est bien occupée. Dont acte !
Cela dit, et par définition, un tribunal militaire d’occupation est tout aussi illégitime, illégal et condamnable que
l’occupation elle-même. La preuve est formellement établie : quiconque « passe » devant pareil tribunal en Israël
est à coup sûr condamné. Les exceptions à cette « règle de non-droit » qui sont infinitésimales le confirment.
Ajoutons que le recours devant la « Cour suprême » que vous avez évoqué est strictement impossible eu égard la
procédure utilisée devant le tribunal militaire (un « arrangement » selon un vocabulaire effroyable). Le tribunal
militaire ne peut donc qu’examiner, selon les lois israéliennes, qu’une « remise de peine » au bout des 2/3 de la
peine exécutée. Ceci a été fait et la Commission ad hoc l’a refusée récemment et plus que très sèchement.
De l’ensemble de vos propos il ressort avec force que Salah Hamouri a bien été condamné pour raison politique.
C’est ce que nous ne cessons de dire. Et donc puisque c’est la politique, et uniquement la politique, qu’il l’a
conduit en prison, c’est la politique qui l’en sortira. Il en va de même, notons-le car ce n’est pas sans second ou
sans lien, pour la libération du caporal Gilad Shalit. Elle sera elle aussi de nature politique de même que la
libération des prisonniers palestiniens en échange. Ce ne sera pas la première fois que , sur décision politique et
non pas juridique, Israël libère des prisonniers.
C’est pourquoi, Monsieur l’Ambassadeur d’Israël en France, après vos déclarations télévisées de ce dimanche
nous sommes confortés dans notre exigence, dont le ministre français des Affaires étrangères a dit tout
récemment qu’il la plaidait auprès des autorités de votre pays, à savoir que nous demandons la libération de notre
compatriote Salah Hamouri en prison en Israël depuis près de 5 ans pour délit d’intention.
Il est vrai, et cela est tout à fait exact, que notre jeune compatriote dont la seule nationalité de jure est la
nationalité française bien qu’il soit binational de naissance n’accepte pas l’occupation des Territoires
palestiniens, inclus Jérusalem-Est, dont vous avez reconnu la réalité. Il utilise en la circonstance, et
pacifiquement, un droit de l’Homme fondamental et imprescriptible.
En vous remerciant infiniment des confirmations directes ou indirectes que vous avez apportées à nos arguments
et en souhaitant une action déterminée de votre part en faveur de notre compatriote pour que cesse ce déni de
justice et que Salah Hamouri retrouve sa famille à Jérusalem,
Je vous prie de croire, Monsieur l’Ambassadeur d’Israël en France, à l’expression de nos salutations
distinguées.

Paris, le 23 novembre 2009

Jean-Claude Lefort
Coordinateur du
Comité national de soutien
à Salah Hamouri

<FONT face=Arial color=#ff0000>Pétition
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